L’autoroute ferroviaire atlantique ne verra pas le jour

Le 30 avril 2015 par Stéphanie Senet
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Cette autoroute ferroviaire devait relier le Pas-de-Calais aux Landes
Cette autoroute ferroviaire devait relier le Pas-de-Calais aux Landes

Le secrétaire d’Etat aux transports Alain Vidalies a annoncé, ce 30 avril, que le gouvernement renonçait au projet d’autoroute ferroviaire[1] de 1.000 kilomètres entre Dourges (Pas-de-Calais) et Tarnos (Landes). Une mauvaise nouvelle pour le report modal et une conséquence supplémentaire de l’abandon de l’écotaxe.



[1] Une autoroute ferroviaire est constituée de trains spéciaux circulant sur le réseau existant pour transporter les remorques des poids lourds.

 

 

L’abandon de ce projet annoncé en septembre 2013, qui visait à transporter 85.000 poids lourds par an à partir de janvier 2016, a été décidé tard hier soir avec le Premier ministre. Le gouvernement referme le dossier en estimant que «l’idée était bonne mais le site très mal choisi, avec une fragilité juridique très importante, concernant l’impact sur la population qui n’a pas été suffisamment étudié par l’enquête publique», a déclaré Alain Vidalies, en déplacement dans les Pyrénées-Atlantiques.

L’Etat a surtout joué la carte de l’économie, le coût de l’autoroute étant évalué à 375 millions d’euros de financements publics (principalement versés par l’Etat et Réseau ferré de France devenu SNCF Réseau). Le projet a directement pâti de l’abandon de l’écotaxe, qui a réduit de 158 M€ les crédits d’intervention de l’Agence de financement des infrastructures de France (Afitf) en 2015.

 

Des indemnités?

Selon l’AFP, le contrat de concession a été signé le 20 mars 2014 entre l’Etat et VIIA Atlantique, une filiale de la SNCF. «Il s’agit d’un avant-contrat qui n’est lié à aucune indemnité», assure au contraire le secrétaire d’Etat aux transports. Le gouvernement n’abandonne pas pour autant l’idée d’ouvrir une autoroute ferroviaire avec un autre site comme terminal. «Nous allons engager des pourparlers avec les autorités espagnoles puisqu’il existe un projet similaire à Vitoria [au Pays basque espagnol, ndlr]», a poursuivi Alain Vidalies.

 

Lobby du transport routier

L’abandon de ce projet a été dénoncé, ce 30 avril, par la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut), qui rappelle que son coût est deux fois moindre que les indemnités que l’Etat doit verser à Ecomouv’ suite à l’abandon de l’écotaxe. La Fédération ajoute que le projet aujourd’hui décrié avait été reconnu, en 2014, «d’intérêt général et bénéfique pour l’environnement et la sécurité» par le ministère de l’écologie. Ce qui lui fait conclure que le gouvernement fait passer les intérêts du lobby routier avant ceux de la population.

Aujourd’hui, l’Hexagone compte deux autoroutes ferroviaires: Perpignan-Luxembourg, et l’Alpine, qui transporte environ 25.000 poids lourds par an à travers les Alpes. La part modale du fret par les rails n’a pas cessé de régresser au cours de la dernière décennie, passant de 17% en 2000 à 8,8% en 2010 selon le Commissariat général au développement durable (CGDD).



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