L’autoroute ferroviaire alpine remise sur les rails?

Le 22 août 2017 par Marine Jobert
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Un convoi emprunte l'autoroute ferroviaire alpine.
Un convoi emprunte l'autoroute ferroviaire alpine.
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L’Italie et la France ont-elles la volonté de relancer l’autoroute ferroviaire alpine, qui n’absorbe que 2% du trafic de camions dans les Alpes du Nord? Les deux Etats viennent de mettre en consultation la mise en concession de cette autoroute ferroviaire, subventionnée depuis son ouverture en 2003.

Sont-ce les plaintes récurrentes des habitants des vallées alpines qui étouffent sous la pollution atmosphérique? Ou une conséquence de la ‘pause’ annoncée fin juillet dans les infrastructures ferroviaires par Elisabeth Borne dans le dossier Lyon-Turin? Les gouvernements français et italien ont lancé le 1er août une consultation pour la mise en concession du service d’autoroute ferroviaire alpine (AFA), pour une durée de 10 ans. Un geste qui illustre la volonté des Etats de «favoriser le report modal sur l’arc alpin, de pérenniser et renforcer ce service de transport de camions sur des trains».

Presque 15 ans d’expérimentation

Mise en service en 2003 entre Aiton (Savoie) et Orbassano (ouest de Turin) par le tunnel du Fréjus sous la forme d’une expérimentation, cette autoroute ferroviaire de 175 kilomètres n’a été empruntée que par des camions-citernes pendant 10 ans. Des travaux d’un montant de 1 milliard d’euros ont permis, à partir de 2012, d’accueillir les remorques (jusqu’à 44 tonnes). Malgré un taux de remplissage de 80%, le report modal reste insuffisant. Les 5 allers-retours quotidiens de la navette ferroviaire n'absorbent que 5% du trafic de poids lourds en transit dans la vallée de la Maurienne. La France et l’Italie avaient déjà cherché à concéder l’AFA en 2009 -en vain-, et les Etats avaient dû continuer à subventionner la liaison, avec la bénédiction de la Commission européenne.    

La France, à la traîne du ferroutage

En février 2017, la Cour des comptes étrillait la politique nationale en matière de ferroutage en général, et les résultats de l’AFA en particulier, avec ses 29.000 poids lourds transportés en 2015. «Le transport ferroviaire de semi-remorques assurait, en 2015, 15% du transport combiné français, soit un pourcentage proche du taux européen de 18%. Néanmoins, ce transport combiné ne représentait que 4,1% du volume du fret ferroviaire français, qui lui-même ne constituait que 10,6% du transport terrestre de marchandises», soulignaient les magistrats.



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