L’autoroute de la chaleur lilloise s’ouvre aux énergies de récupération

Le 04 octobre 2019 par Stéphanie Senet
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L'idée est de raccorder l'incinérateur d'Halluin aux réseaux de chaleur urbains de Lille et de Roubaix
L'idée est de raccorder l'incinérateur d'Halluin aux réseaux de chaleur urbains de Lille et de Roubaix

La métropole nordiste a créé une autoroute de la chaleur permettant d’alimenter en calories 100.000 logements à partir de l’incinérateur d’Halluin et des data-centers d’OVH. Les premiers logements seront chauffés en octobre.

C’est une autoroute invisible. Pas de bitume, de voitures ou de camions mais des dizaines de kilomètres de canalisations souterraines alimentant les réseaux de chaleur de Roubaix (à partir d’octobre 2019), puis Lille, Mons-en-Bareuil et Villeneuve d’Ascq (en octobre 2020). La métropole a fait le pari de faire circuler, dans 10 villes, entre 255 et 350 GWh d’énergie par an provenant de l’incinérateur d’Halluin. Une idée qui a germé alors que la loi MAPTAM[1] a confié aux métropoles, en janvier 2015, la compétence énergie.

 

100.000 logements chauffés

Les besoins de 30.000 logements en chauffage et eau chaude seront couverts à l’automne à partir de la chaleur de l’usine d’incinération, qui traite 350.000 tonnes de déchets par an. Ensuite, 20.000 logements du réseau de chaleur lillois seront raccordés. A terme, avec la chaleur provenant des data-centers d’OVH (à partir de 2022 ou 2023), la métropole vise deux fois plus d’habitants. «Nous avons par ailleurs installé des vannes tout au long du réseau pour nous permettre d’établir de nouveaux raccordements nous permettant de chauffer, à l’avenir, 100.000 logements», explique Erwan Lemarchand, directeur de l’énergie et du développement durable de la métropole, à l’occasion d’une présentation du projet aux Assises des déchets, à Nantes, le 2 octobre.

 

65% d’ENR en 2021

Ce projet s’inscrit dans la volonté de la collectivité de réinternaliser sa production d’énergie. «Avec 95% de l’énergie consommée sur le territoire qui provient de l’extérieur, les enjeux sont énormes», observe Erwan Lermarchand. Objectif : passer de 19% d’énergies renouvelables et de récupération dans les réseaux de chaleur métropolitains en 2017 (le reste étant du charbon et du gaz), à 65% en 2021. Pour une économie d’émissions de gaz à effet de serre évaluée à 50.000 t par an. Et la fermeture définitive de la centrale à charbon du Mont de Terre en 2021.

 

Rentable en 8 ans

L’investissement, chiffré à 75 millions d’euros (40 M€ pour le réseau de transport et 35 M€ pour l’alimentation de Lille et de Roubaix) a bénéficié de 25 M€ de soutiens dont 12 M€ de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et 13 M€ du Fond européen de développement régional (Feder). «L’investissement sera rentabilisé dans 8 ans grâce aux recettes de vente d’énergie, évaluées entre 5 et 7 millions d’euros par an», assure le représentant de la métropole. «Avant-hier, le réseau était alimenté par du gaz. Aujourd’hui, c’est l’incinérateur. Demain, ce sera OVH et sans doute d’autres énergies de récupération», conclut Erwan Lemarchand.

 

 



[1] de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles



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