L’Autorité environnementale se prononce sur Iter

Le 25 mars 2011 par Célia Fontaine
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L'Autorité environnementale (AE) du Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD) s'est réunie le 23 mars 2011 à Paris pour donner son avis sur le dossier de création de l'installation nucléaire de base Iter.

Le prototype de réacteur nucléaire, qui doit être construit à Cadarache (Bouches-du-Rhône) pour un montant de 15 milliards d’euros, est une installation de recherche sur la production d'énergie à partir de la fusion nucléaire d'atomes légers (deutérium et tritium, isotopes de l'hydrogène)[1]. Il cherche en somme à reproduire sur terre la fusion thermonucléaire qui se produit au cœur des étoiles. La construction de l’installation doit débuter en 2012 et la date pour l’obtention du premier plasma (tentative de fusion d’atomes d’hydrogène) est fixée à novembre 2019 (dans le JDLE).

Ce projet a fait l'objet d'un traité international en 2005 entre 7 partenaires dont l'Union européenne: Euratom, la Chine, l'Inde, le Japon, la Corée du Sud, la Russie et les Etats-Unis. Il est actuellement très critiqué par les associations anti-nucléaires, mais aussi par des physiciens (dont feu le prix Nobel Georges Charpak), qui estiment que le budget Iter coûte à la France l’équivalent de 20 ans d’investissement en physique et biologie.

L'AE préconise, pour la bonne information du public, que les raisons qui ont conduit à retenir le site de Cadarache soient mieux explicitées. La lecture du dossier est pour l’instant trop complexe. Il faudrait «joindre au dossier un tableau dressant la liste des procédures et des autorisations administratives relatives à l'ensemble du programme» et «faire figurer une appréciation des impacts de l'ensemble du programme dans l'étude d'impact figurant au dossier mis à l'enquête publique».

L’étude d’impact devra en outre être complétée, «en particulier pour l'analyse du risque sismique pris en compte, ainsi que les données sur l'eau: caractérisation des pluies décennales et centennales sur le site, débits de pointe et d'étiage dans le canal de Provence et la Durance, qualité des eaux de surface et des nappes, informations sur l'alimentation en eau potable».

En matière de sécurité, il appartiendra à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) d’instruire le dossier. Mais pour l’instant, il existe un risque d'exposition des travailleurs du site aux poussières de béryllium, produit cancérigène, note l’Autorité. Les mesures décrites par le projet paraissent toutefois adaptées. L’ASN devra étudier et valider les performances du système de détritiation, qui consiste à recycler l'essentiel (environ 90%) du tritium émis pour le réutiliser.



[1] alors que la production d'énergie nucléaire se fait jusqu'ici classiquement par fission d'atomes lourds (uranium)



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