- 

L’autorité environnementale passe au crible le Grand Paris

Le 31 août 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Organisme encore peu connu, l'Autorité environnementale (AE) du conseil général de l'environnement et du développement durable donne des avis, publics, sur les évaluations des impacts des grands projets et programmes sur l’environnement. Son travail intervient en amont de celui réalisé par la Commission nationale du débat public.

 

Le 26 août, l’AE était consultée sur l'évaluation environnementale globale du réseau de transport présentée par la Société du Grand Paris (SGP). Dans la foulée, ses experts ont également évalué quelques éléments du projet concurrent, présenté par le conseil régional d’Ile-de-France : l’Arc Express. Un projet qui, pour le moment, n’a pas encore fait l’objet d’une évaluation environnementale globale.

 

Satisfaite par la qualité des documents fournis par la SGP, l’AE met le doigt sur des détails pas toujours anodins. Dans ses documents, la SGP évalue à 1,8 million la croissance démographique francilienne d’ici 2035, soit 2,7 fois plus qu’estimé par l’Insee. Ces chiffres importent au plus haut point pour déterminer le trafic potentiel du futur super métro et évaluer son dimensionnement. Sans oublier les gains éventuels apportés par le transfert modal, de la voiture au rail.

 

Justement, ces gains s’annoncent modestes. « Le programme, indique l’AE, devrait permettre d’absorber l’augmentation de demande de transport public et de générer un report modal de la route vers les transports en commun de 18.000 voyage en heure de pointe, ce qui reste modeste (-1,3 % sur les déplacements automobiles et +1,2 % sur les déplacements en transports public. » Côté CO2, les réductions d’émission resteront, elles aussi, faibles : -2 % en 25 ans. « Ce qui apparaît modeste », commente l’AE. Comme le reste de l’Hexagone, la région doit légalement réduire de 75 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Or, si les rejets des transports restent stables, rappelle l’AE, « il faudra diviser par 6 ou 7 les émissions de tous les autres secteurs ».

 

L’AE déplore aussi que le niveau d’exposition des populations aux émissions polluantes n’ait pas fait l’objet d’étude par la SGP. Elle souhaite également que soit approfondie la protection des ouvrages souterrains contre le risque d’ennoyage.

 

Rappelant que les trajets prioritaires des deux projets concurrents « se recoupent assez largement », l’AE se demande pourquoi Arc Express prévoit une gare tous les 1.000 ou 1.500 mètres, quand celui de la SGP n’envisage d’arrêts que tous les 2.000 à 2.500 m. Des choix techniques dont les conséquences, notamment urbanistiques, peuvent être lourds.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus