L’Autopartage veut prendre sa part dans la transition

Le 05 mars 2020 par Victor Miget
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"Lorsque les gens passent à l’autopartage ils réduisent de 40% leur kilométrage en voiture."
"Lorsque les gens passent à l’autopartage ils réduisent de 40% leur kilométrage en voiture."
Citiz

Les acteurs de l’autopartage créent leur association. Objectif: faire intégrer aux pouvoirs publics que cette solution a toute sa place dans la transition des modes de transport. Jean-Baptiste Schmider, PDG de Citiz et président de l’Association des acteurs de l’autopartae (AAA) nous en dit plus.  

 

Quelle est la mission de l’AAA ?

L’Association des acteurs de l’autopartage (AAA) regroupe les principaux acteurs comme Ubeeqo, Communauto, Car2go, Free2Move, Citiz… et quelques fournisseurs de technologie. L’idée c’est de peser dans les décisions car l’autopartage a été peu pris en compte dans la loi d’orientation des mobilités (LOM) (lien). On nous a surtout demandé de communiquer nos données… Or, pour se développer, cette solution a besoin de prendre sa place dans les collectivités. L’une des mesures que nous souhaiterions promouvoir, c’est qu’il y ait de vraies primes à la conversion vers la mobilité durable pour les usagers. De façon à les inciter à utiliser les transports en commun, le vélo à assistance électrique (VAE), mais aussi pourquoi pas l’autopartage.

Quelle est la proportion d’adeptes de cette solution ?

Petit scoop ! Nous venons de recenser pour la première fois le nombre de véhicules proposés au grand public en autopartage en France. 23 opérateurs ont répondu. Nous sommes 14.000 véhicules et environ 800.000 utilisateurs aujourd’hui. Les 2/3 sont dans les 20 plus grandes agglomérations. Le tiers restant est surtout concentré dans les villes de moins de 200.000 habitants.

Comment expliquez-vous que l’autopartage reste le parent pauvre des mobilités?

Il n’apparaît pas comme évident, car il ne fait pas du mass transit comme les transports en commun. De notre point de vue les alternatives à la voiture individuelle sont tout un panel de solutions. Si on veut faire la transition il faut appréhender chacune d’elles. L’autopartage en fait partie. Par l’usage occasionnel de la voiture, il incite à adopter une approche plus vertueuse de la mobilité. Il est un levier fort pour favoriser le report modal.

C’est-à-dire?

Lorsque les gens passent à l’autopartage ils réduisent de 40% leur kilométrage en voiture. C’est le chiffre avancé par une étude 6T commandité par l’Ademe. Globalement, ce n’est pas sur le voyage en autopartage que j’économise du CO2. Le gain indirect c’est surtout sur les voyages que je ne fais pas. Le fait de ne plus avoir les clés dans la poche et de payer le vrai coût des déplacements pousse à réfléchir sur sa mobilité. Le véhicule devient un mode de transport résiduel.  

Quel avenir pour l’autopartage à l’heure de la contrainte carbone et de l’électromobilité ?  

Il n’y a pas que la question des émissions, mais aussi celle de la congestion. Une voiture électrique prend toujours autant de place qu’un véhicule à moteur thermique. Peut-être même plus, puisqu’il lui faudra une infrastructure de recharge. Donc nous pensons que l’autopartage a de l’avenir. De plus avec la voiture électrique il est encore difficile de parcourir de longues distances. Ce qui pourrait encourager des combinaisons entre le train et l’autopartage électrique par exemple.