L’Australie veut ouvrir ses parcs marins à la pêche industrielle

Le 21 mars 2018 par Stéphanie Senet
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Bientôt des chalutiers dans la mer de Corail ?
Bientôt des chalutiers dans la mer de Corail ?

Le gouvernement de Canberra s’est dit favorable, ce 21 mars, à ouvrir davantage de parcs marins à la pêche industrielle. Un immense pas en arrière pour la biodiversité.

 

C’est un coup dur de plus pour la Grande barrière de corail. Disparaissant sous les effets du réchauffement des eaux, polluée par les rejets agricoles, elle devra désormais compter avec la multiplication des navires industriels dans la mer de Corail. 

 

44 parcs ouverts

Les nouveaux plans de gestion de la mer de Corail que le gouvernement a dévoilés ce 21 mars visent à ouvrir 44 parcs supplémentaires «après une évaluation scientifique indépendante». Si elle est votée par le Parlement, cette extension augmentera de 17% la superficie des parcs marins où la pêche est autorisée. Une progression énorme puisque l’Australie possède le deuxième parc marin protégé au monde, avec 3,3 millions de kilomètres carrés. Soit 36% de ses eaux territoriales. 

«En ciblant davantage nos restrictions et en intégrant la gestion des parcs marins à celle de pêcheries internationales, nous avons non seulement renforcé la protection de l’environnement mais aussi assuré un soutien aux économies régionales», soutient le ministre conservateur de l’environnement Josh Frydenberg.

 

Pêche de loisir

80% des zones actuellement protégées seront également ouvertes à la pêche récréative. Seule avancée pour les fonds marins: 200.000 kilomètres carrés supplémentaires seront fermés aux groupes miniers.

 

La mer de Corail la plus touchée

L’opposition travailliste a aussitôt dénoncé «le pire recul au monde en matière de protection des zones marines». «Imaginez que dans nos parcs terrestres, le gouvernement dise tout d’un coup qu’on peut aller abattre la faune sauvage dans la moitié d’entre eux», a déclaré Tony Burke, porte-parole pour l’environnement du parti travailliste. Selon lui, la mer de Corail sera la plus touchée puisqu’y seront autorisés la senne coulissante, la pêche à la palangre et le chalut pélagique.

Au niveau mondial, la pêche industrielle ne cesse d’accroître son emprise sur les océans. Elle couvre au minimum 55% de leur surface totale selon une étude publiée le 22 février dans la revue Science.



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