L’Australie harponne le Japon devant la Cour internationale de justice

Le 26 juin 2013 par Marine Jobert
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A la pêche à la baleine, les Japonais veulent aller.
A la pêche à la baleine, les Japonais veulent aller.
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La Cour internationale de justice de La Haye débute ce 26 juin l’examen d’une plainte déposée en 2010 par l’Australie contre le Japon, qui pratique la pêche à la baleine en Antarctique en dépit d’un moratoire en place depuis 1986. Canberra estime que Tokyo viole ses obligations internationales en harponnant chaque année des centaines de cétacés dans le sanctuaire baleinier de l’Océan austral (en place depuis 1994). Si l’Islande et la Norvège enfreignent chaque année le moratoire en invoquant des motivations commerciales, le Japon fait valoir qu’il pratique une chasse «scientifique». Les délégations australiennes et nipponnes seront tour à tour entendues jusqu’à mi-juillet, pour un jugement qui n’interviendra pas avant plusieurs mois.

 

L’Australie considère au contraire que le Japon détourne un article du moratoire conclu sous l’égide de la Commission baleinière internationale (CBI) pour justifier la mise en place de ces campagnes de pêche dont les prises finissent sur les étals des poissonniers nippons. Le Japon a en effet été autorisé à mener une pêche scientifique afin de fournir des informations sur l'état des stocks et la conservation de l'espèce. «Aujourd'hui, nous n'avons plus besoin de ces informations pour gérer le nombre de spécimens, mais il s'avère impossible de modifier ces statuts faute de majorité qualifiée au sein de la CBI», expliquait il y a un an Jean-Benoît Charrassin, du Muséum national d'histoire naturelle et membre du comité scientifique de la CBI [JDLE].

 

Résultat, selon Canberra, quelque 6.800 petits rorquals (baleines de Minke) de l'Antarctique ont été tués entre 1987 et 2005 dans le cadre du programme Jarpa I –le premier programme scientifique nippon- contre 840 baleines tuées à des fins de recherche lors des 31 ans avant l'entrée en vigueur du moratoire. Environ 2.600 petits rorquals et au moins 13 rorquals communs auraient été tués entre 2005 et 2009 par les baleiniers japonais.

 

Jarpa II vise les petits rorquals, les rorquals communs et les baleines à bosse (ces deux dernières espèces étant considérées comme en danger). Il a connu un succès plus mitigé, si l’on se place du point de vue nippon. En effet, aucune baleine à bosse n'a encore été tuée et 103 petits rorquals ou baleines de Minke ont été capturés pendant la saison -soit moitié moins que la saison précédente- alors que le Japon s’était fixé l’objectif de capturer 1.000 grands cétacés. «Nous allons chercher le soutien d'autres pays pour mener ces pêches scientifiques d'une façon plus stable», a annoncé le ministre japonais de l’agriculture et de la pêche Yoshimasa Hayashi [JDLE]. Tokyo affirme que le but de ses campagnes de pêche vise à prouver que les populations de baleines peuvent supporter une chasse commerciale sans être menacées, tout en reconnaissant que la chair de baleine fait partie de la tradition culinaire nationale.

 



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