L’Australie entame sa décarbonisation

Le 11 juillet 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Impopulaire, la premier ministre australienne veut décarboniser l'économie.
Impopulaire, la premier ministre australienne veut décarboniser l'économie.

Canberra veut imposer une taxe carbone et un marché des quotas d’émissions. Il n’est pas certain que le parlement valide cet audacieux projet.

Que l’on ne s’y trompe pas. La décision annoncée, dimanche, par la première ministre australienne est courageuse. Dirigeant le gouvernement le plus impopulaire depuis 40 ans, Julia Gillard vient d’engager l’Australie dans une voie nouvelle: la baisse volontaire de ses émissions de CO2.
 
Au titre du protocole de Kyoto, Canberra peut accroître de 8% ses émissions entre 1990 et 2012. Or faute de volonté politique, ses rejets ont grimpé de plus de 60% au cours de ces deux dernières décennies. Une tendance intenable, si l’on se souvient que pour stabiliser la température moyenne globale, les pays les plus industrialisés devront réduire des trois quarts leurs rejets d’ici à 2050.
 
Le prédécesseur de Julia Gillard, Kevin Rudd, avait déjà tenté d’alléger l’empreinte carbone des Australiens (18 tonnes de CO2 par personne et par an, contre 8 pour un Français). Dès son élection, le premier ministre travailliste avait ratifié le protocole de Kyoto.
 
Faute d’être parvenu à faire voter par le parlement son projet de marché de quotas d’émission, il avait dû céder la place à sa successeur, elle aussi issue du parti travailliste.
Dans un pays tirant 80% de son électricité de la combustion du charbon, le pari du gouvernement australien est donc osé.
 
A partir du 1er juillet 2012, Julia Gillard prévoit d’instaurer une taxe de 23 dollars (17 euros) par tonne de gaz carbonique pour toutes les entreprises émettant plus de 25.000 tonnes de CO2 par an. Selon les décomptes officiels, 500 compagnies seraient concernées.
 
En théorie. Toute règle comptant des exceptions, les entreprises forestières ou les exploitations agricoles seront exemptées de taxe carbone.
 
Ses opposants rappellent que la «taxe Gillard» fera croître les coûts de l’énergie, de l’alimentation et de nombreux produits manufacturés. Les économistes estiment que le coût de la vie pourrait progresser de 0,7% à 1% du seul fait de la taxe carbone.
 
Ce qui n’est pas contesté par l’administration travailliste. Toutefois, rappelle-t-elle, avec les 10 milliards de dollars qui seront ainsi levés, l’Etat constituera un fonds public chargé de financer la décarbonisation du pays : aides fiscales et conseils pour réduire ses consommations énergétiques des ménages, compensations aux compagnies minières, électriciens et aciéristes, soutien au
développement des énergies renouvelables.
Voilà pour la première phase.
 
Car, en 2015, la taxe devrait laisser la place à un marché de quotas d’émission de CO2, dont le prix plancher sera fixé par l’Etat. Au total, espère Julia Gillard, l’Australie pourrait réduire de 150 millions de tonnes ses émissions de gaz carbonique entre 2005 et 2020.
 
La partie n’est toutefois pas gagnée. Le projet présenté dimanche doit encore être voté par le parlement. Or, celui-ci a déjà retoqué, à deux reprises, des projets de loi prévoyant l’ouverture de marché de quotas d’émissions de gaz à effet de serre.
 
De plus, le parti travailliste dispose d’une très faible majorité à la chambre des représentants.  Et le lobbying des compagnies charbonnières, notamment, a été particulièrement virulent, ces derniers mois.


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