L’Australie commence à adopter sa taxe carbone

Le 13 octobre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La Chambre basse du parlement australien a approuvé, mercredi 12 octobre, un projet de loi instaurant une taxe carbone, après des années de débat houleux sur ce sujet en raison de la vive opposition des groupes miniers du pays.
Le texte du gouvernement minoritaire dirigé par la travailliste Julia Gillard -à la tête d'une coalition incluant les Verts et trois députés indépendants- a été adopté par 74 voix contre 72.
 
Si ce vote est confirmé par la Chambre haute en novembre, les 500 principaux émetteurs devront payer une taxe de 23 dollars (17 euros) par tonne de CO2, à partir du 1er juillet 2012.
 
A partir de 2015, cette taxe cèdera la place à un système d'échange de quotas d'émission en Asie-Pacifique, à prix fixés par le marché.
 
Les ministres du gouvernement ont vivement applaudi après le vote, tandis que le Premier ministre Julia Gillard tombait dans les bras de son chef de la diplomatie, Kevin Rudd, qui l'avait précédée à son poste. Celui-ci avait, par deux fois, tenté de faire voter un texte comparable, mais avait dû renoncer devant l’opposition des Verts qui estimaient trop légères les contraintes carbone.
 
L'Australie, dont le niveau d'émission de gaz carbonique par habitant est l'un des plus élevés au monde (19 tonnes par personnes, soit près de trois fois plus qu’un Français!) et qui est aussi un grand exportateur de charbon, tente depuis longtemps d'introduire une taxe auprès des pollueurs ou un système d'échange de quotas d'émission.
 
La taxe est vivement critiquée par l'opposition conservatrice, qui estime qu'elle sera inefficace, destructrice d'emplois et qu'elle augmentera le coût de la vie. Ses opposants rappellent en outre que Julia Gillard avait promis, avant son élection en juin 2010, qu'il n'y aurait pas de taxe carbone.
 
Le dirigeant de l'opposition, Tony Abbott, s'est engagé mercredi à annuler la disposition s'il était porté au pouvoir. «C'est une promesse écrite avec du sang. Cette taxe disparaîtra», a-t-il déclaré à la télévision publique ABC. Les risques que cette promesse soit effectivement tenus sont réels: les sondages créditent le gouvernement travaillistes de 30% d’opinions favorables.
 
Les organisations environnementales ont quant à elles applaudi des deux mains le vote des parlementaires australiens qui permettra, selon elles, de participer à la préservation des richesses naturelles du pays, dont la Grande barrière de corail.
 
«Aujourd'hui, nos élus ont dit oui à la promotion d'une économie plus forte, oui à la création d'emplois dans les industries propres et +oui+ à la lutte pour la protection de notre vie sauvage», s'est réjoui le directeur du WWF, en Australie, Dermot O'Gorman.
 


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