L'audition gênée par les substances chimiques

Le 25 avril 2005 par Christine Sévillano
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Le bruit n'est pas le seul facteur provoquant des troubles de l'audition, certains agents chimiques, appelés ototoxiques, contamine également les parties auditives de l'oreille.

Outre le bruit proprement dit, les salariés peuvent être victimes de surdité provenant de certaines substances chimiques: les agents ototoxiques, autrement dit les agents toxiques pour l'audition. L'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) vient de mettre en ligne un document sur les connaissances concernant ces produits qui peuvent avoir une origine professionnelle comme des solvants aromatiques ou chlorés. L'industrie chimique en emploie beaucoup comme le toluène qui entre dans la fabrication des peintures, vernis, encres et agents dégraissants, ou le styrène qui est utilisé dans les résines renforcées à la fibre de verre  qui concerne pas moins de 30.000 personnes. Mais on les retrouve aussi dans la vie domestique au travers des antibiotiques, les diurétiques ou les anti-tumoraux.

Le dépistage demeure le problème central des effets des agents otoxiques. La seule technique utilisée pour diagnostiquer une surdité est l'audiométrie tonale, mais elle ne permet pas de faire la différence entre le traumatisme acoustique et le traumatisme chimique. Ce qui explique d'ailleurs que le bruit est considéré comme l'unique facteur responsable de la surdité professionnelle. Pourtant, il serait possible de trouver une technologie pour les différencier puisque le bruit et les agents otoxiques n'altèrent pas les mêmes parties de l'oreille: le premier affecte les stéréocils implantés au sommet des cellules ciliées externes (CCE) et internes (CCI), alors que les solvants intoxiquent la base des CCE seulement. Une politique de prévention pourrait être envisagée mais elle devra prendre en compte l'exposition multifactorielle des travailleurs, surtout dans la définition des valeurs limites d'exposition. Pour le moment la politique de prévention la plus efficace reste la protection individuelle et une surveillance des salariés soumis à des niveaux sonores proches de ceux déterminés par la législation (1). L'INRS note que les appareils audiométriques récents sont plus sensibles aux agressions des CCE, il pourrait donc fournir des indices précoces d'atteinte par les agents ototoxiques.



(1) Deux directives européennes: la directive 86/188/CEE du 12 mai 1986 sur la protection des travailleurs contre les risques dus à l'exposition au bruit et la directive 89/392/CEE du 14 juin 1989 sur les exigences à respecter notamment en matière de bruit sur les machines.




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