L’atténuation, chemin toujours plus étroit

Le 30 novembre 2018 par Romain Loury
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Une atténuation rapide est nécessaire
Une atténuation rapide est nécessaire

Parviendra-t-on à limiter le réchauffement climatique à +1,5°C, ou au moins à +2°C, par rapport à l’ère préindustrielle? Ces deux scénarios, dessinés par le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) dans un rapport publié début octobre, semblent de plus en plus ardus à atteindre, alors que le temps presse.

 

En 2017, les émissions de gaz à effet de serre, en tenant compte des changements d’usage des sols, se sont élevées à 53,5 milliards de tonnes équivalent CO2 (GteqCO2). Or selon le rapport «Emissions Gap» publié mardi 27 novembre par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), il faudrait réduire nos émissions annuelles de 15 GteqCO2 d’ici à 2030 pour retrouver une trajectoire +2°C. Pour espérer limiter la hausse thermique à +1,5°C, l’effort s’élève même, en 2030, entre 29 et 30 GteqCO2 de moins par an.

Des émissions en hausse

Or au-delà des injonctions, l’atténuation ne semble pas à l’ordre du jour: après une stagnation entre 2014 et 2016, les émissions sont reparties à la hausse, de +0,7 GteqCO2 en 2017 par rapport à 2016 (+1,3%). Et tout porte à croire que la situation ne s’est pas améliorée en 2018.

C’est donc une course contre la montre, mal engagée, dans laquelle l’humanité se trouve enfermée, sous menace d’un réchauffement toujours plus fort, aux conséquences aussi diverses que désastreuses. Selon le PNUE, l’absence d’efforts équivaut à une hausse de +3°C d’ici à 2100. Du moins si les Etats respectent bien leurs contributions déterminées au niveau national (INDC), que tous ont soumis en amont de la COP21 de Paris. Ce qui, là aussi, est loin d’être un fait acquis.

Une neutralité carbone en 2050?

Décarbonera-t-on l’économie à temps? Côté français, le gouvernement veut y croire: dans sa stratégie nationale bas carbone (SNBC) présentée mardi 27 novembre, il estime possible de parvenir à la neutralité carbone d’ici à 2050. Notamment en triplant la capacité éolienne et en quintuplant la photovoltaïque d’ici 2030 –tout en repoussant à 2035 l’objectif de réduire à 50% la part d’électricité française d’origine nucléaire, soit un recul de dix ans par rapport à la loi de transition énergétique.

Dans la foulée, la Commission européenne a publié mercredi 28 novembre sa vision stratégique pour la neutralité carbone d’ici 2050. Sans grande surprise, elle demande à ses 27 Etats membres d’articuler leur politique en sept axes: efficacité énergétique; déploiement des énergies renouvelables; mobilité propre; compétitivité industrielle et économie circulaire; infrastructures et interconnexions; bio-économie et puits de carbone naturels; captage et stockage du carbone pour neutraliser les émissions résiduelles.



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