L’attentat du 11 septembre continue à tuer les sauveteurs new-yorkais

Le 02 septembre 2011 par Geneviève De Lacour
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18.000 sauveteurs souffrent encore des poussières du 11 septembre
18.000 sauveteurs souffrent encore des poussières du 11 septembre
Corbis

10 ans après l’attentat du World Trade Center de New York, plusieurs études publiées dans un numéro spécial «11 septembre» de la revue médicale The Lancet, montre que les sauveteurs new yorkais paient toujours un lourd tribut à leur intervention lors de la catastrophe. Les répercussions du drame sur la santé de ces femmes et de ces hommes ne se limitent pas à des troubles psychologiques variés, les risques de développer un cancer sont également bien supérieurs à la moyenne.

Tout le monde se souvient très précisément de ces images diffusées en boucle par les chaines de télévision et montrant des brigades de pompiers new-yorkais évoluant dans un immense nuage de poussières, de fumée, freinés dans leur progression par divers débris jonchant le sol.

10 ans après l’attentat qui a coûté la vie à 343 sauveteurs new yorkais et 2.753 civils, plusieurs études scientifiques publiées dans un numéro spécial de la revue The Lancet permettent d’évaluer l’impact de l’attentat du World Trade Center sur la santé des pompiers, ceux qui ont participé à l’évacuation de 20.000 à 30.000 personnes bloquées dans les tours en ce jour du 11 septembre 2001, mais aussi tous ceux qui sont intervenus après l’attentat.

Ainsi l’équipe scientifique de l’université du Mont Sinaï de New York a évalué l’état de santé de quelque 27.000 officiers de police, ouvriers du bâtiment, pompiers et ouvriers municipaux. Résultat, plus d’une personne sur 5 souffrent d’asthme ou de sinusites mais aussi de syndromes post traumatiques, de dépressions; des hommes et des femmes affectés en premier lieu par des problèmes respiratoires –42% des personnes suivies en souffrent. «Les sauveteurs ont développé de nombreux problèmes de santé. Et nos études indiquent qu’ils pourraient en souffrir pendant encore de nombreuses années», indique Philipp Landrigan, l’un des principaux investigateurs du programme de recherche sur le World Trade Center.

Il faut dire que la poussière qui s’est répandue dans les quartiers avoisinants les tours jumelles contenait un cocktail peu sympathique de produits chimiques, dont certains sont répertoriés comme cancérigènes. Le carburant des avions a relargué dans l’atmosphère du benzène et des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). De l’amiante, des dioxines, du plomb, du mercure, des PCB et bien d’autres substances toxiques provenant des bâtiments ont été libérées dans l’atmosphère au moment où les tours se sont écroulées.

L’une des plus importantes études publiée dans le numéro spécial «11 septembre» du Lancet a été menée sur 9.853 pompiers; certains exposés à la pollution, d’autres non. Cette étude montre que le risque de développer un cancer est supérieur de 19% pour les pompiers exposés par rapport à ceux qui ne l’ont pas été. Et ce risque est supérieur de 10% par rapport au reste de la population.

L’équipe de David Pezant, médecin en chef des pompiers de New York, a collaboré, pour ce travail de suivi médical, avec les scientifiques de l’école de médecine Albert Einstein de l’université Yeshiva et le centre médical de Montefiore de New York. Les hommes interrogés ont témoigné du fait que cette intervention ne ressemblait à aucune autre. «Tous ces hommes nous ont dit que selon eux, les odeurs étaient différentes d’un feu normal» confie David Pezant.
 
Jusqu’à présent, les soldats du feu exposés à la poussière avaient un taux de mortalité inférieur à la moyenne de la population. «Ce n’est pas surprenant» constatent les scientifiques car «il s’agit d’un groupe de personnes généralement en meilleure santé que le reste de la population. Et les maladies auxquelles ils pourraient succomber à cause de l’attentat ne sont pas fatales 10 années après l’exposition». En résumé il est trop tôt pour constater un excès de mortalité.
 
Une autre étude publiée en 2010 dans la revue New England Journal of Medicine, met en évidence une diminution substantielle de la capacité pulmonaire des pompiers new yorkais, et cela même 6 ans après l’attentat.
 
Une troisième étude indique que les sauveteurs souffrent de problèmes psychiques en plus de troubles physiques. 28% des sauveteurs et des ouvriers qui ont déblayé les gravats souffrent de dépression depuis. 32% ont développé des troubles post-traumatiques et 21% souffrent de paniques chroniques.
 


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