L’Atlantique Nord regorge de méthane

Le 26 août 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Près de 600 sources de méthane répertoriées au large du NE des USA.
Près de 600 sources de méthane répertoriées au large du NE des USA.
NOAA

C’est une découverte très inquiétante que viennent de faire des scientifiques américains. Les émissions sous-marines de méthane seraient beaucoup plus importantes que ce que l’on imaginait jusqu’alors.

Entre 2011 et 2013, des chercheurs de l’USGS, de l’université du Mississipi et de l’université Brown, ont passé au peigne fin le talus continental situé au large des côtes du nord-est des états-Unis, sur un millier de kilomètres de long. Au total, près de 100.000 km2 de fonds marins ont ainsi été auscultés par les caméras d’un robot sous-marin et les sonars et appareils de mesure du navire océanographique Okeanos Explorer.

600 sources de méthane

Conclusion: près de 600 sources de méthane ont été recensées, à des profondeurs comprises entre 180 et 600 mètres. Ces rejets sont probablement la conséquence de la fonte d’hydrates de gaz, piégés dans le fond marin. Si ces premiers résultats —publiés par Adam Skarke (université du Mississipi) dans Nature Geoscience— se confirmaient, ils pourraient renforcer les prévisions climatiques les plus pessimistes. De précédentes explorations, menées dans la même région, n’avaient révélé que trois rejets naturels de méthane. En extrapolant à l’échelle du globe ses données préliminaires, l’équipe d’Adam Skarke estime que 30.000 sources sous-marines de méthane pourraient exister dans les océans.

réchauffement ou acidification

En tant que tel, la nouvelle est plutôt réjouissante. Ces sources abritent des formes de vie peu communes capables de convertir des molécules de carbone (celles du méthane, donc) en éléments nutritifs utilisables pour constituer de la matière organique. Au plan global, c’est en revanche une très mauvaise nouvelle.

Le gaz naturel est un puissant gaz à effet de serre. Relâché dans l’océan, il peut connaître (selon la profondeur de l’émission) deux destins différents: rejoindre l’atmosphère, où il participera au renforcement de l’effet de serre, ou être oxydé en gaz carbonique. Auquel cas, il contribue à l’acidification des mers.

Selon les estimations des géologues, les hydrates de gaz pourraient stocker, dans les fonds marins et le permafrost, 10 fois plus de carbone que contenu dans l’atmosphère. C’est peut-être le dégazage d’un stock comparable de ce méthane qui pourrait être à l’origine de l’extinction Permien-Trias, au cours de laquelle la plupart des espèces marines et terrestres disparurent, il y a 252 millions d’années.



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