L’Atlantique ceinturé par les algues sargasses

Le 05 juillet 2019 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
La Grande ceinture des Sargasses de l'Atlantique s'étend du golfe du Mexique à l'ouest de l'Afrique
La Grande ceinture des Sargasses de l'Atlantique s'étend du golfe du Mexique à l'ouest de l'Afrique

L’océan Atlantique est touché par la plus grande prolifération de macro-algues au monde, selon une étude publiée le 4 juillet dans la revue Science. Un phénomène dû à l’intensification des pratiques agricoles.

Elle s’appelle la Grande ceinture des sargasses de l’Atlantique. Composée de macro-algues brunes, elle s’étend désormais du golfe du Mexique à la côte ouest de l’Afrique, recouvrant tout l’Océan Atlantique tropical. Soit environ 8.850 kilomètres. Et plus de 20 millions de tonnes au total, dont une grande partie s’échouent régulièrement sur les côtes de la Floride et sur les plages des Caraïbes.

Déforestation et agriculture

Après avoir étudié différentes activités, dont la consommation d’engrais au Brésil, la déforestation de l’Amazonie, le débit du fleuve Amazone, les concentrations d’azote et de phosphore, les chercheurs ont identifié deux facteurs principaux. Le premier est d’origine anthropique: une hausse des nutriments provenant du fleuve Amazone due à la déforestation et à l’utilisation croissante d’engrais. Deux activités qui ont fortement progressé depuis 2010, comme la superficie du bloom.

Le deuxième, ou upwelling, est un phénomène océanographique naturel provoquant, par vents forts, une poussée des eaux de surface qui laissent la place à la remontée d’eaux profondes chargées en nutriments.

Appui satellitaire

«L’ampleur de ces proliférations est vraiment énorme, ce qui fait de l’imagerie satellitaire mondiale un très bon outil pour suivre sa dynamique dans le temps», explique Woody Turner, responsable du programme de prévision écologique à la NASA.

Dangereuse massification

L’algue Sargasse n’est pas néfaste en soi. Elle fournit un habitat aux tortues, crabes, poissons et oiseaux. Comme les autres plantes, elle produit aussi de l’oxygène. Mais en trop grande quantité, elles empêchent certaines espèces de se déplacer et de se reproduire, en particulier lorsqu’elles s’amassent près des côtes. Sur les plages, leur décomposition émet de l’hydrogène sulfuré pouvant provoquer des nausées, des maux de tête et des vomissements.  Lorsqu’elles coulent au fond de l’eau, elles peuvent aussi étouffer les coraux et les herbiers.

Avant 2011, ces algues flottaient surtout autour du Golfe du Mexique et de la mer des Sargasses, à l’extrémité ouest de l’Atlantique. A partir de cette date, elles ont commencé à se propager un peu partout, dans le centre et l’est de l’Atlantique.

«Tout cela est finalement lié au changement climatique car il affecte les précipitations, la circulation océanique, et même les activités humaines, même si cette prolifération n’est pas directement liée à la hausse des températures de l’eau», conclut le professeur Hu, de l’université de Saint-Pétersbourg.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus