L’asthme, une maladie intestinale?

Le 15 janvier 2014 par Romain Loury
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Stimuler le système huminaire est salutaire.
Stimuler le système huminaire est salutaire.
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Une flore intestinale faiblement diversifiée chez le nourrisson entraînerait un risque accru d’asthme plus tard dans l’enfance, révèle une étude suédoise publiée dans la revue Clinical and Experimental Allergy.

Il s’agit là d’une nouvelle illustration de l’hypothèse hygiène, selon laquelle la recrudescence des allergies, observée depuis plusieurs décennies, serait le fait d’un environnement trop aseptisé durant la petite enfance. Ce qui expliquerait pourquoi les enfants élevés à la ferme souffrent moins souvent d’allergies que ceux vivant en ville.

«De manière à fonctionner de manière efficace, le système immunitaire doit être entraîné par des micro-organismes, nombreux et diversifiés. En l’absence d’une stimulation suffisante, le système sur-réagit aux antigènes inoffensifs qu’il rencontre», d’où l’allergie, explique l’université de Linköping dans un communiqué.

Parmi ces micro-organismes, ceux de la flore intestinale, un vivier microbien qui se constitue via l’alimentation, ainsi que par les divers objets que le jeune enfant a la manie de porter à la bouche. Ce domaine de recherche connaît depuis quelques années un véritable essor: la flore, que ce soit par sa diversité ou par la nature des espèces bactériennes présentes, serait impliquée dans de nombreuses maladies chroniques, dont l’obésité et le diabète.

Dans son étude menée sur 47 enfants, l’équipe de Maria Jenmalm, pédiatre à l’université de Linköping, montre qu’une faible diversité de la flore intestinale, mesurée par séquençage génétique à l’âge d’une semaine ou d’un mois, est aussi liée au risque d’asthme à l’âge de 7 ans.

Pas de lien avec des bactéries particulières

Le risque d’asthme n’est en revanche pas lié à la présence, plus ou moins abondante, de telle ou telle espèce bactérienne, comme il a été montré pour d’autres maladies, dont l’obésité. Par ailleurs, les chercheurs n’ont trouvé d’effet que sur l’asthme, pas sur d’autres réactions allergiques comme l’eczéma ou la rhinoconjonctivite.

Selon eux, les différences de biodiversité de flore intestinale entre nourrissons pourraient refléter celles observées au domicile (matelas, poussière, etc.), voire celle présente chez les membres de la famille.

En 2013, une autre étude suédoise suggérait l’effet protecteur d’une pratique que, au motif d’un risque infectieux, l’on aurait a priori tendance à déconseiller: lorsque les parents nettoient la sucette de leur bébé en la suçant eux-mêmes, les enfants ont 88% moins de risques d’être asthmatiques entre 2 et 3 ans, et 63% moins de risques d’avoir un eczéma.



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