L’Assemblée nationale critique la gouvernance des ONG

Le 17 février 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Dénonçant, souvent avec raison, les dysfonctionnements de nos sociétés, les associations de protection de l’environnement ne sont pas fréquemment auditées. C’est désormais chose faite. Deux députés, Geneviève Gaillard (PS) et Jean-Marie Sermier (UMP), ont publié le 2 février un rapport sur les modes de financement et de gouvernance des associations de protection de la nature et de l’environnement.

Rappelant le rôle important joué par ces ONG lors de l’élaboration du Grenelle Environnement ou dans la sensibilisation des Français aux changements climatiques, les deux parlementaires ont toutefois voulu «s’assurer que les ONG environnementales portent un projet dénué de faux-semblant et à but non lucratif». Une question qui mérite, à l’évidence, d’être posée.

 

Rappelant, par exemple, la totale indépendance de Greenpeace vis-à-vis des pouvoirs publics et des entreprises, les rapporteurs se montrent circonspects devant l’organisation de l’ONG «où le conseil d’administration ne détient qu’un rôle de supervision des programmes d’action proposés par les 76 salariés de l’association. Le risque technocratique apparaît alors relativement élevé».

 

Si le monde français des affaires est souvent brocardé pour sa propension à la consanguinité, certaines associations importantes semblent également contaminées. Exemples: le WWF France et la fondation Goodplanet. «Ainsi, la fondation Goodplanet présidée par Yann Arthus-Bertrand accueille dans son conseil d’administration Serge Orru, le directeur général du WWF France. Yann Arthus-Bertrand est aussi administrateur des Amis du WWF, l’association qui fédère les sympathisants de la fondation WWF France et qui gère ses contentieux. Le contrôle réciproque n’a pas que des vertus. Sans dénier à quiconque le droit de multiplier les engagements associatifs bénévoles, la théorie des apparences plaide en faveur d’une clarification de la composition des conseils d’administration.»

 

Et à propos de clarification, Geneviève Gaillard et Jean-Marie Sermier remarquent qu’Alain Juppé, ministre de la défense fait toujours partie du conseil d’administration de la fondation patronnée par Yann Arthus-Bertrand. «La présence du ministre en charge des forces armées dans l’instance dirigeante d’une organisation environnementale interpelle.»

 

Ce qui interpelle aussi, c’est l’apparente connivence entre certaines ONG et des entreprises dont la réputation environnementale reste encore à faire. Les députés pointent ainsi la composition du conseil d’administration de la fondation Nicolas Hulot. «Trois entreprises y occupent un siège: TF1, EDF et L’Oréal. Ceci ne pose, en soi, aucune difficulté: le mécénat de puissantes sociétés en faveur de l’environnement doit être accueilli comme un moyen supplémentaire d’action. Néanmoins, les activités particulières de ces groupes semblent problématiques sans les dimensions environnementales. EDF est une entreprise de pointe dans le secteur nucléaire. Quant à L’Oréal, elle est classée parmi les groupes de cosmétiques dont les produits font l’objet de test sur les animaux, au grand désarroi des opposants à la vivisection. Dès lors, comment interpréter, par exemple, la position très mesurée de Nicolas Hulot sur l’énergie nucléaire? Quel poids donner à sa parole sur les activités principales de ses deux administrateurs, dont vos rapporteurs ont appris que l’un d’eux finance la fondation à hauteur de 10% de ses ressources?»

 

Le député UMP du Jura évoque également le soutien de Yann Arthus-Bertrand à la candidature du Qatar pour le Mondial-2022 de football alors que le pays a contribué à la distribution de son film Home.

 

La fondation de Nicolas Hulot est aussi épinglée sur ses frais de fonctionnement. «La LPO a fait part de sa volonté de plafonner sa masse salariale à 45% de son budget. Pour la fondation Nicolas Hulot, le taux est supérieur à 50%. Quant à France Nature Environnement, les charges de personnels atteignent 1,6 million d’euros pour un budget de 2,7 M€, soit près de 60%.»

 

Les deux députés, qui formulent 18 recommandations visant principalement à garantir l'indépendance et la transparence des associations, estiment néanmoins que les organisations de défense de l'environnement «fonctionnent bien, sont transparentes et extrêmement contrôlées.



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