L’aspartame épargné par le Parlement européen

Le 06 juillet 2011 par Romain Loury
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Le Parlement européen a adopté, mercredi, un règlement sur l’étiquetage des aliments, sans avancée sur la question très attendue de l’aspartame.
 
Voté en séance plénière à une forte majorité (606 voix pour, 46 contre et 26 abstentions), ce texte vise à homogénéiser l’information des consommateurs européens. Les entreprises auront trois ans pour s’y conformer, voire cinq ans pour les seuls indications nutritionnelles, rappelle le parlement dans un communiqué.
 
Des indications nutritionnelles qui devront obligatoirement mentionner la valeur énergétique et les teneurs en lipides, en acides gras saturés, en glucides, en sucres, en protéines et en sel. Quant à la teneur en acides gras trans, (un acide gras nocif du point de vue cardiovasculaire, ndlr) la Commission européenne devra avant cela produire un rapport sur les bénéfices sanitaire d’un tel étiquetage.
 
Le parlement n’a pas osé franchir le pas sur le très controversé aspartame [1], se prononçant au final pour une mention assez neutre. Deux possibilités s’offrent aux industriels utilisant cet édulcorant : soit conserver la mention « contient une source de phénylalanine » lorsque l’aspartame est mentionné ailleurs sur l’emballage, soit « contient de l’aspartame (source de phénylalanine) » lorsqu’il n’est indiqué que sous le nom d’E951.
 
En avril, la commission Envi [2] du parlement avait proposé une mention « contient de l'aspartame (source de phénylalanine et pourrait ne pas convenir aux femmes enceintes)», au lieu de l’actuelle « contient une source de phénylalanine » (voir le JDLE). Cette évocation des femmes enceintes faisait écho à une grande étude danoise, montrant un risque d’accouchement prématuré lié aux boissons gazeuses édulcorées.
 
Quant aux réelles nouveautés de ces règles européennes, la date de congélation devra être indiquée au même titre que celle de péremption. Et la mention du pays d’origine sera étendue aux viandes fraîches de porc, de mouton, de chèvre et de volaille [3].
 
D’autres aliments (produits laitiers, produits ne contenant qu’un seul aliment ou composé d’un aliment à plus de 50%, viande utilisée comme ingrédient, etc.) pourraient être concernés par la suite, mais pas avant que la Commission n’évalue une telle mesure.
 
Le règlement prévoit aussi de mieux identifier les « imitations », comme le « fromage » à base de substances végétales, qui devront être « étiquetées en tant que telles », indique le parlement. De même pour la viande et le poisson reconstitués, qui devront être signalés.
 
[1] Après les inquiétudes suscitées par deux études de 2010 (l’une sur le cancer, l’autre sur les accouchements prématurés), le Réseau environnement santé a récemment lancé un nouvel assaut contre l’aspartame. La Commission européenne a saisi fin mai l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) en vue d’une réévaluation de l’édulcorant (voir le JDLE).
 
[2] Environnement, santé publique et sécurité alimentaire
 
[3] La mention du pays d’origine était jusque-là réduite à la viande bovine, au miel, à l’huile d’olive, aux fruits et légumes frais.


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