L’ASN s’invite au débat sur la transition énergétique

Le 15 janvier 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Energy Day d'EDF : la France doit massivement renouveler son personnel nucléaire.
Energy Day d'EDF : la France doit massivement renouveler son personnel nucléaire.
EDF

Poursuivre l’activité du parc nucléaire français —quelle que soit sa taille— nécessitera d’investir dans de nombreux domaines, a indiqué ce 15 janvier le président de l’Autorité de sûreté nucléaire.

Alors que le gouvernement n’en finit plus de définir les modalités d’organisation du débat national sur la transition énergétique, les parties prenantes prennent la parole. La semaine passée, le Conseil économique, social et environnemental a dit tout le bien qu’il pensait de ladite transition et du formidable gisement de valeurs et d’emplois que représente l’efficacité énergétique [JDLE].

Ce matin, c’était au tour de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) de faire entendre sa petite musique. Par la voix de son président, Pierre-Franck Chevet, le gendarme du nucléaire français a présenté sa vision de l’atome tricolore, pour les années et les décennies à venir. Un message qui vise particulièrement les politiques. Sujet moins médiatique que les réacteurs de puissance, les usines de fabrication et de traitement du combustible devraient connaître les feux de la rampe. «Certaines installations du cycle nucléaire arrivent en fin de la vie pour laquelle elles ont été conçues. Nous nous devons d’anticiper», rappelle Pierre-Franck Chevet.

Conséquence: outre la surveillance dont elles font déjà l’objet, ces installations vont tomber dans le «droit commun» des réacteurs nucléaires. «Nous fixerons des rendez-vous, tous les 10 ans, pour faire un point complet. Il s’agira de voir si ces installations sont toujours conformes à leur référentiel de sûreté et dans quelle mesure nous pouvons améliorer cette sûreté, conformément à la loi TSN», annonce l’ancien directeur général de l’énergie et du climat (DGEC).

Autre point d’inquiétude des gendarmes du nucléaire: la gestion des compétences. En jargon administratif, on appelle cela les facteurs sociaux, organisationnels et humains. Concrètement, «une bonne partie du personnel travaillant dans les installations nucléaires a été embauchée au moment où l’on construisait le parc. Ils sont donc proches de la retraite. Se posera bientôt le problème de leur remplacement», souligne le président de l’ASN.

S’il n’est pas totalement nouveau, ce problème de la «gestion des compétences» est fondamental mais s’avère délicat à régler, notamment avec le développement de la sous-traitance. C’est la perte de compétences techniques qui explique, en partie, la lenteur du redémarrage de l’électronucléaire britannique.

Depuis deux ans, plus moyen de discourir sur l’énergie nucléaire sans se référer à l’accident de Fukushima. Reprenant quelques éléments de la nouvelle doctrine de l’ASN sur la gestion des situations post accidentelle [JDLE], Pierre-Franck Chevet a rappelé qu’il fallait désormais imaginer qu’un grave accident puisse se produire dans l’Hexagone ainsi que les moyens et les méthodes pour y faire face.

La coopération figure, bien sûr, parmi ces moyens. Les dirigeants de l’ASN ne se font pas prier pour rappeler que leurs confrères belges et japonais ont fait appel à eux pour les aider à gérer, respectivement, la crise des cuves de Doel et de Tihange, et la réforme de la sureté nippone. Se situant dans la droite ligne de son prédécesseur, l’ex-DGEC entend renforcer les liens entre les autorités et si possible faire de l’ASN un modèle à suivre. Ce à quoi d’ailleurs s’emploie, de son côté, André-Claude Lacoste. L’ancien patron de l’ASN travaille actuellement à la rédaction d’un projet de convention internationale sur la sûreté nucléaire. Texte qui pourrait être signé dès l’année prochaine.

Last but not least, avec une recommandation visant à renforcer la radioprotection notamment dans le secteur médical. Soulignant que «les doses reçues par les populations ne font qu’augmenter dans les pays développés, du fait du médical», Pierre-Franck Chevet appelle la collectivité à se donner les moyens d’accroître le nombre de radiophysiciens. Il plaide aussi pour que soit mené un travail de dépistage des personnes les plus radiosensibles. Ceci pour leur proposer des solutions alternatives de diagnostic et de traitement aux machines utilisant les rayonnements ionisants.



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