L’ASN ne s’oppose pas au redémarrage des centrales nucléaires d’EDF

Le 05 décembre 2016
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Au coeur de l'EPR de Flamanville.
Au coeur de l'EPR de Flamanville.
VLDT

Le ciel s’éclaircirait-il pour EDF? Pas totalement. Ce lundi 5 décembre, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a publié sa ‘position’ sur les réacteurs dont certaines pièces sont coulées dans un acier trop riche en carbone. Verdict: pas d’objection majeure au redémarrage des réacteurs incriminés. A condition que le travail demandé par l’ASN soit achevé.

Dans son avis, le gendarme du nucléaire français «considère que le redémarrage des réacteurs concernés peut être envisagé». Ce qui n’est pas synonyme d’un redémarrage immédiat de toute la flotte concernée. Loin s’en faut.
Suite à la découverte, en avril 2015, de concentrations trop élevées de carbone[1] dans l’acier de parties de la cuve de l’EPR de Flamanville, l’ASN a lancé une investigation sur l’ensemble du parc en exploitation. Objectif: repérer d’éventuelles pièces vitales pour la sûreté trop chargées en carbone.

12 réacteurs suspectés

Et les limiers d’EDF et de l’ASN en ont trouvé. Outre l’EPR en cours de construction, 12 réacteurs sont suspectés d’abriter des générateurs de vapeur dont les fondements dépassent les seuils de carbone édictés par les ‘bonnes pratiques’[2]. Ils ont été fabriqués par Japan casting and forging corporation (JCFC), un forgeron japonais, sous-traitant d’Areva.

Pour le moment, des tests concluants, semble-t-il, ont été effectués sur 6 des 13 tranches incriminées[3]. Les vérifications s’achèvent à Saint-Laurent B1 et à Flamanville. Encore en fonctionnement, les autres réacteurs devront être arrêtés pour laisser le passage aux inspecteurs de la sûreté. A ce propos, EDF demande un délai de 45 jours pour ne pas trop réduire sa production en cette fin d’automne. Ce qui ferait bondir les prix de gros et menacerait la sécurité d’approvisionnement.

Démarrage immédiat?

La position de principe de l’ASN vaut-elle feu vert pour redémarrage immédiat? Certainement pas. Si les teneurs trop élevées en carbone de certaines parties des générateurs de vapeur ne justifient pas leur remplacement, elles imposent néanmoins d’exploiter avec précaution. «EDF devra prendre des mesures compensatoires», confirme Pierre-Franck Chevet, président de l’ASN. L’électricien devra les préciser à l’ASN.

Une plus grande teneur en carbone rend l’acier moins résistant à certaines contraintes. En conséquence, les exploitants des centrales devront probablement gérer avec minutie les montées en température des générateurs de vapeur pour éviter un choc thermique intempestif. En présence d’un défaut, un semblable chaud/froid pourrait fissurer l’acier trop carboné.

Pas de planning pour EDF

L’ASN demande en outre qu’EDF procède à certaines vérifications: «des calculs relativement simples», relativise Pierre-Franck Chevet. Dans la lettre envoyée ce jour au directeur de la production nucléaire, le gendarme de l’atome exige aussi le lancement rapide de programmes d’essais sur le vieillissement des pièces riches en carbone.

L’électricien devra répondre à toutes ces demandes pour espérer que l’ASN autorise le redémarrage (unité par unité) des tranches à l’arrêt. Interrogé par le JDLE, l’opérateur historique s’avoue bien incapable de donner un planning prévisionnel de possible redémarrage. Décidément, pourvu que l’hiver soit doux.

 



[1] par rapport aux bonnes pratiques métallurgiques. Le seuil maximum de 0,2% de carbone dans l’acier n’est pas une limite réglementaire.

[2] Bugey 4, Dampierre 3, Fessenheim 1, Gravelines 2 et 4, Saint-Laurent-des-Eaux B1, Tricastin 1, 2, 3 et 4, Civaux 1 et 2.

[3] Civaux 2, Dampierre 3, Gravelines 2, Tricastin 1, 3 et 4, Bugey 4.

 



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