L’ASN impose l’arrêt d’urgence de la centrale nucléaire du Tricastin

Le 28 septembre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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En cas de rupture de la digue, le site serait inondé.
En cas de rupture de la digue, le site serait inondé.

Le mauvais sort s’acharne sur le nucléaire français. Dans la matinée de jeudi 28 septembre, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a ordonné à EDF de mettre à l’arrêt «dans les délais les plus courts» les 4 réacteurs de la centrale nucléaire du Tricastin, menacés d’inondation.

A l’origine de cette décision rarissime: une digue en gravier jugée trop fragile par le gendarme du nucléaire pour protéger la centrale d’un risque d’inondation en cas de séisme. En août dernier, EDF avait estimé qu’un tremblement de terre de forte intensité pourrait déstabiliser, sur une longueur de 400 mètres, l’ouvrage protégeant la centrale des eaux du canal de Donzère-Mondragon. Mais pas seulement.

Centrale et usines du combustible

Dans une note, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) rappelle que le plus grand site nucléaire d’Europe (600 hectares) comporte de nombreuses installations de traitement du combustible nucléaire exploitées par Areva, dont l’usine Georges Besse II ou le site de la Socatri. Informations transmises à l’ASN.

Une rupture, même partielle, de la digue «pourrait donc conduire à une inondation de la centrale nucléaire du Tricastin»; incident qui pourrait occasionner «un accident de fusion du combustible nucléaire des 4 réacteurs de la centrale et [rendre] particulièrement difficile la mise en œuvre des moyens de gestion d’urgence internes et externes», estime le régulateur.

Chute de production

EDF dispose de 5 jours pour présenter des mesures compensatoires. Dans un communiqué, l’exploitant indique que des travaux de renforcement de la digue seront réalisés dans un délai d’un mois. En attendant, EDF installe une protection. «Ce dispositif permet de garantir qu’il n’y aurait pas d’arrivée d’eau au niveau des réacteurs en cas de séisme majoré de sécurité pendant la période des travaux», précise l’industriel.

Le groupe présidé par Jean-Bernard Lévy se dit convaincu que «la sûreté des installations est garantie» et considère que «l’arrêt des réacteurs est injustifié». Il est vrai que la décision de l’ASN devrait réduire de 5 à 8 térawattheures (TWh) la production nucléaire de l’électricien pour 2017.

 



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