L’ASN, globalement satisfaire de la sûreté nucléaire française

Le 08 avril 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a présenté, mercredi, son rapport 2009 devant les parlementaires et quelques journalistes. Comme chaque année, la réunion a débuté sous les meilleurs augures. « Pour les installations nucléaires, le bilan de la sûreté nucléaire est globalement satisfaisant », a résumé Jean-Christophe Niel. Certaines centrales d’EDF (Golfech, Bugey, Gravelines, Penly et Civaux) progressant même dans les domaines de la sûreté et de la radioprotection.Contrairement à celles de Saint-Alban, Chinon, Flamanville et Belleville « qui sont plutôt en retrait », regrette le directeur général du gendarme du nucléaire. Evidemment, c’est dans les détails que se cache le diable radioactif.

 

EDF, l’exploitant des 58 tranches françaises, se voit, une nouvelle fois, reprocher un manque d’anticipation et de préparation des opérations de contrôle et de maintenance des générateurs de vapeur de ses installations. Ce qui a contribué faire baisser le taux de disponibilité (déjà bas) des réacteurs français. L’an passé, l’EPR en a pris aussi pour son grade. La partie « conventionnelle » de son contrôle-commande a été retoquée par les autorités de sûreté française, finlandaise et britannique. La malédiction du contrôle-commande du palier N4 frappe encore. Consolation : les trois gendarmes de l’atome, ainsi que la Nuclear Regulatory Commission , l’autorité de sûreté américaine, n’ont rien eu à redire à la partie nucléaire dudit contrôle-commande.

 

Sur ordre de l’ASN, le chantier de construction de Flamanville 3 (où se construit le premie EPR hexagonal) a aussi été arrêté plusieurs semaines durant pour manque de qualité du béton armé. Alors que le député de la Manche, Claude Gatignol, s’interroge sur les motivations exactes de cette décision, le sang du président de l’ASN ne fait qu’un tour. « Le problème n’était pas qu’il manquait 64 épingles d’acier sur 4.000 mais que la qualité n’était pas présente dès le début du rendez-vous. Nous avons décidé d’arrêter le chantier pour imposer un plan de qualité à EDF et à Bouygues », martèle André-Claude Lacoste.

 

Moins spectaculaire que les réacteurs de puissance, le cycle du combustible n’est pas non plus sans reproche. En témoigne l’incident survenu dans l’atelier de technologie du plutonium de Cadarache (Atpu). Dans cette installation en cours de démantèlement, le CEA a trouvé, en juin 2009, 39 kg de plutonium, contre 8 kg prévus. L’incident a été classé au niveau 2 de l’échelle Ines. Et l’ASN a stoppé pendant plusieurs mois les travaux de décontamination et de déconstruction de l’atelier de Cadarache. « Un décret définira prochainement les conditions du démantèlement des boîtes à gant toujours présentes sur le site », précise la commissaireMarie-Pierre Comets.

 

Egalement en charge de la radioprotection, l’ASN affronte une redoutable crise dans le secteur médical. N’ayant pas créé de filière universitaire pour former des physiciens nucléaires (les professionnels qui manipulent les appareils de radiodiagnostic et de radiothérapie), la France connaît de nombreux problèmes. Nombreux sont les centres à ne pas pouvoir aligner trois professionnels pour assurer la continuité du service. Résultat : 6 établissements ont été suspendus. Mais cela n’est qu’un cautère sur une jambe de bois. Confronté au double phénomène de l’explosion du nombre des examens, notamment de scanners, (la dose efficace collective a progressé de 57% entre 2002 et 2007) et de la réduction du nombre de physiciens nucléaires, l’ASN craint le pire. « On n’est pas à l’abri d’accidents ponctuels », reconnaît Claude Bourguignon, autre commissaire de l’ASN. Sur le long terme, l’accroissement du nombre de radiodiagnostics pourrait être désastreux. « Dans plusieurs décennies, les épidémiologistes démontreront que la radiologie médicale sera à l’origine d’épidémies de cancers », estime le médecin nucléaire.

 

 

 



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