L’arrivée de la voiture autonome électrique est irrépressible

Le 08 janvier 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pour Serge Van Themsche, l'arrivée de la voiture autonome électrique est irrépressible.
Pour Serge Van Themsche, l'arrivée de la voiture autonome électrique est irrépressible.
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Spécialiste de l’ingénierie multisectorielle et globe-trotter, Serge Van Themsche observe l’émergence des technologies qui forgeront notre quotidien dans un futur proche. Auteur de l’ouvrage de référence sur le sujet[1], il annonce l’arrivée imminente sur nos routes de la voiture électrique autonome. Une révolution attendue, au moins, par les citoyens et les assureurs. Explications.



[1] The Advent of Unmanned Electric Vehicles, the choice between E-mobility and immobility, Springer, 2016.

 

 

Au CES[1] de Las Vegas, cette semaine, Google, Kia, Ford, BMW, Chrysler, Audi ou encore Volkswagen annoncent, ces jours-ci, l’arrivée de voitures autonomes. Un mouvement irrépressible?

Je le crois et pour plusieurs raisons. Tout d’abord, l’évolution technologique. Les constructeurs automobiles sont en train d’intégrer au véhicule individuel des solutions informatiques stand-alone comme Google. Mais pour que l'introduction des voitures sans conducteurs se fasse sans heurts, de nouveaux systèmes de sécurité (cantons mobiles, signalisation entre voitures, intégrité et interopérabilité) devront être normalisés sur nos routes. C’est à cette condition que les constructeurs pourront mettre sur le marché un continuum de nouvelles technologies (système anti-collision, stationnement automatique, etc.) offrant de plus en plus d'autonomie jusqu' à ce que la voiture soit totalement sans conducteur. Elles communiqueront les unes avec les autres et éventuellement avec un centre de contrôle plus ou moins virtuel. Cela se rapproche des dispositifs mis en œuvre sur les dernières générations de métros qui sont entièrement automatisées. Et il est relativement facile d’accélérer le cadencement de ces rames automatiques. On peut imaginer la même chose avec les voitures électriques autonomes et augmenter ainsi de façon considérable la capacité de transport.

Par ailleurs, les usages évoluent aussi. Les populations urbaines sont moins enclines qu’autrefois à perdre des centaines d’heures par an dans leur voiture. Aux voitures actuelles, les citadins préfèreront des systèmes de mobilité rapides, sûrs, peu polluants. Ils s’attacheront moins à posséder un véhicule, qui n’est plus (du moins dans les villes occidentales) forcément représentatif du statut social de son propriétaire et verront d'un bon oeil la possibilité de partager leur voiture autonome, réduisant ainsi le parc automobile..

 

La technologie est presque au point. Mais existe-t-il une appétence pour ces voitures sans conducteur?

Il est sans doute un peu tôt pour faire réagir le public à cette nouvelle forme de mobilité. Pour autant, les arguments en sa faveur ne manquent pas. Une flotte de véhicules autonomes circulerait de façon plus fluide dans un milieu urbain, provoquant moins d’embouteillages, moins d’accidents, et ce faisant moins de pollution. A fortiori, si ces véhicules sont électriques. De toute façon, je crois que nous n’aurons pas le choix.
 

Pour quelle raison?

Dans 20 ans, la planète comptera environ 1,7 milliard de voitures. Les deux tiers circuleront en milieu urbain. Si nous voulons garder les villes telles qu’elles sont et respirer un air sain, nous devons améliorer la fluidité du trafic et électrifier les véhicules. De plus, c'est le seul moyen dont nous disposons pour réduire le nombre de morts significativement, faute de quoi celui-ci pourrait doubler en 20 ans.

 

Difficile, tout de même, de tout miser sur l’électrique, encore peu efficace.

Pour le moment, c’est vrai, il y a trop peu de bornes et leur vitesse de charge est trop lente. Mais dans très peu d’années, les prochaines générations de batteries et de bornes seront capables de faire le plein d’électrons en quelques minutes. De plus, les bornes du futur proche rechargeront en courant continu et à plus grande puissance, donc à grande vitesse et sans perte. Ces super- prises permettront aussi aux automobilistes de choisir leur fournisseur d’énergie. On pourra éventuellement sélectionner de l’électricité produite uniquement à partir d’énergies renouvelables.

 

Le prix élevé des voitures électriques reste un frein à l’achat…

Bien sûr, mais là encore, ce n’est l’affaire que de quelques années, avant que les coûts d'acquisition soient comparables. Par exemple, le prix d'une batterie par rapport à sa performance chute de moitié tous les ans et demi. Dès lors que les prix du pétrole auront retrouvé des niveaux plus «normaux» qu’aujourd’hui, l’Etat aura tout intérêt à subventionner le développement du véhicule électrique. Un parc automobile tout électrique réduirait de 12 millions de tonnes équivalent pétrole la consommation française annuelle de produits pétroliers. Soit une économie d’une douzaine de milliards d’euros par an. Et une sacrée baisse des émissions de CO2 et de polluants de l’air.

 



[1] CES: Consumer Electronics Show, le plus important salon consacré à l'innovation technologique en électronique grand public, qui se tient annuellement à Las Vegas (Nevada)

 



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