L’argent sale des coupes illégales de forêts

Le 21 mars 2012 par Geneviève De Lacour
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Le Cameroun est touché par le traffic illégal de grumes
Le Cameroun est touché par le traffic illégal de grumes

La Banque mondiale a publié mardi 20 mars, veille de la journée internationale de la forêt, un rapport intitulé «Justice pour les forêts: renforcer la lutte des systèmes de justice pénale contre les exploitations forestières illégales».

Selon ce document, les coupes illégales de bois représentent jusqu’à 90% de l’ensemble des activités d’exploitation forestière dans certains pays et produisent entre 10 et 15 milliards de dollars (7,6 à 11,3 milliards d’euros) de revenus illicites par an. Cette étude révèle que «toutes les deux secondes, une surface forestière comparable à la superficie d’un terrain de football est coupée à blanc dans le monde par des exploitants opérant de manière illégale».

Mais les bénéfices évalués par la Banque mondiale ne tiennent pas compte de l’impact et du coût environnemental, économique et social de ces opérations. Car l’exploitation illégale menace aussi la biodiversité, accroît les émissions de carbone et a des «conséquences négatives sur les moyens de subsistance des populations rurales et un enrichissement des criminels aux dépens des pauvres», précise le communiqué de la Banque mondiale. Et les capitaux contrôlés par la criminalité organisée échappent à l’impôt et servent à verser des pots-de-vin aux fonctionnaires corrompus à tous les échelons de l’administration.

L’institution spécialisée des Nations unies souligne que pour mener une action efficace, les services de répression de la criminalité doivent enquêter au-delà des petits criminels et s’efforcer d’identifier ceux qui profitent de l’abattage illégal. «En suivant la piste de l’argent et en utilisant les outils mis au point dans quelque 170 pays pour chercher l’argent sale, les appareils de justice pénale peuvent pourchasser les organisations criminelles» qui se livrent à des opérations d’abattage illicite à grande échelle et confisquer les gains mal acquis. Et la Banque mondiale de citer les cas de Madagascar, de l’Indonésie ou des pays de l’Ouest africain.

«Nous devons lutter contre la criminalité organisée dans le domaine de l’exploitation illégale des forêts de la même façon que nous combattons les malfaiteurs qui vendent de la drogue ou se livrent à des extorsions de fonds», déclare Jean Pesme, chef de l’unité de promotion de l’intégrité des marchés financiers à la Banque mondiale, dont la mission consiste à aider les pays à mettre en place des cadres juridiques et opérationnels efficaces de lutte contre les flux financiers illégaux.

Car malgré l’existence de preuves accablantes montrant que l’abattage illégal est une épidémie d’ampleur mondiale, la plupart des délits forestiers passent inaperçus, ne sont pas signalés ou sont ignorés.

«Il est essentiel de prendre des mesures préventives contre l’exploitation illégale des forêts, mais nous savons aussi que cela n’est pas suffisant», commente Magda Lovei, responsable à la Banque mondiale. «Une fois mises en œuvre, les recommandations de ce rapport peuvent avoir le puissant effet de dissuasion qui fait défaut à de nombreuses mesures prises contre les exploitants forestiers opérant de manière illégale.»

Les réseaux de criminalité organisée, cachés derrière les opérations d’abattage illégal à grande échelle, participent à la corruption des plus hauts échelons de l’Etat. Et les enquêtes sur les délits forestiers sont rendues compliquées par leur dimension internationale. Les auteurs du rapport recommandent donc de «concentrer la répression sur les cerveaux qui se cachent derrière ces réseaux ainsi que sur les fonctionnaires corrompus qui les protègent et leur permettent de mener leurs activités».

Le texte intégral du rapport est disponible sur le site de la Banque mondiale:

www.worldbank.org/amlcft.

 

 



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