L’argent est un bon moteur pour mettre les salariés au vélo

Le 23 janvier 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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En France, la part modale du vélo tourne autour de 2% des transports.
En France, la part modale du vélo tourne autour de 2% des transports.

Promesse tenue. Sept mois après son lancement, l’expérimentation de l’indemnité kilométrique vélo s’est achevée. Et ses résultats s’avèrent plutôt positifs, estime le ministère de l’écologie et le secrétariat d’Etat aux transports dans un communiqué commun.

Issue du plan d’action «mobilités actives», présenté en mars 2014, cette expérimentation a finalement porté sur 14 entreprises volontaires (sur les 19 pressenties) et a concerné 10.160 salariés, indique la synthèse.

Son principe est simple: afin d’accroître l’usage quotidien du vélo, les salariés enfourchant volontairement la petite reine pour accomplir le trajet domicile-travail se voient verser une indemnité kilométrique de 25 cents au kilomètre[1].

2,5% à 5,2% du panel

Coordonnée par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), le test s’est déroulé du 1er juin au 1er novembre. Il a permis de doubler le nombre de cyclistes (des hommes à 60%), qui est passé de 200 à 419 salariés (2,5% à 5,2% du panel). En France, la part modale du vélo tourne autour de 2% des transports. «La part modale du vélo [proportion des déplacements effectués à vélo] est passée de 2% à 3,6%, mais il faut tenir compte des biais liés à la saison qui était favorable à la pratique du vélo. Projetés sur l’année, les résultats donnent une part modale vélo avec l’indemnité kilométrique vélo de l’ordre de 3%», indique le communiqué.

Les meilleurs du peloton sont les salariés des PME et des petites structures. Plus de 28% des salariés d’Inddigo (187 personnes) et de l’Agence de développement de l’urbanisme de la Sambre (14 salariés) se sont mis au vélo. Les rouleurs de Velogik (10 employés) montent sur la plus haute marche du podium, avec un taux de participation record de 40%. Le score des agents de l’Ademe est plus qu’honorable: 17,6%.

bons rouleurs

Les pros du vélo sont aussi de bons rouleurs. Les adhérents à l’indemnité kilométrique vélo déclarent des distances supérieures à 5 km, contre un trajet de 3,4 km, évalué par l’enquête nationale Transports déplacements, datant il est vrai de 2008.

L’augmentation de la pratique du vélo diminue-t-elle celle de la voiture? Pas énormément: 54% des nouveaux cyclistes sont d’anciens utilisateurs de transports publics. Seuls 19% ont laissé la voiture au garage. Et bon nombre d’entre eux étaient des utilisateurs du covoiturage.

Bonne nouvelle, en revanche, l’expérimentation a permis de diviser par 2 le nombre de personnes en situation d’insuffisance d’activité physique parmi les bénéficiaires de l’indemnité kilométrique vélo.

Parmi les freins identifiés par les experts de l’Ademe: la météo et les impacts sur le temps de travail. «Pour autant, alors que c’est l’état du vélo qui arrive en troisième raison d’utilisation ou non du vélo chez les anciens cyclistes, c’est le fait d’atteindre le plafond de l’indemnité kilométrique qui arrive en troisième position chez les nouveaux cyclistes. L’incitation financière est donc un levier fort d’utilisation du vélo pour attirer de nouveaux usagers qui ne sont pas tous des sympathisants du vélo.» Qu’on se le dise.

 



[1] Pour les entreprises, cela représente une dépense de 40 à 43 cents/km et par salarié volontaire. L’indemnité était plafonnée entre 30 et 55 euros par mois et par salarié. Cette indemnité n’était pas cumulable avec le remboursement d’un abonnement aux transports publics.

 



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