L’Arctique relargue du méthane, désespérément

Le 24 avril 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Moins il y aura de glace, plus l'arctique relâchera de méthane.
Moins il y aura de glace, plus l'arctique relâchera de méthane.

Depuis quelques années, les spécialistes de l’Arctique tirent la sonnette d’alarme. Des auteurs de l’Arctic Report Card [JDLE], aux océanographes [JDLE], en passant par les climatologues, tous constatent que l’irréparable se produit au sommet de la planète [JDLE].

La région circumpolaire est celle où la montée des températures est la plus élevée. Durant le XXe siècle, la température moyenne y a grimpé de 2,5°C contre 0,7°C sur l’ensemble du globe. En conséquence, le permafrost dégèle, petit à petit, et relâche d’importants volumes de carbone, sous forme de méthane ou de CO2 (piégés jusqu’alors sous forme d’hydrates).

Un phénomène comparable se produit au fond des mers. En se réchauffant, sous l’effet, par exemple de la hausse des températures des rivières sibériennes, l’océan Arctique relâche, lui aussi, le méthane initialement stocké au fond sous forme de clathrate.

Dans un article publié dans Science il y a deux ans, Natalia Shakhova, du Centre de recherche arctique de Fairbanks (Alaska, Etats-Unis), estimait ces dégazages à 8 millions de tonnes par an: soit 200 millions de tonnes équivalent CO2 par an.

Et cela devrait encore s’accélérer. Dans un article mis en ligne lundi 23 avril sur le site de Nature Geoscience, Eric Kort (Nasa et université d’Harvard) affirme que les émissions de méthane de l’océan Arctique sont d’autant plus importantes que la mer est libre de glace.

Pour arriver à une telle conclusion, l’équipe dirigée par le chercheur américain a effectué des mesures de la concentration de méthane par avion, durant l’hiver 2008-2009, l’automne 2009 et le printemps 2010. Double verdict des spectromètres: les concentrations de CH4 sont plus importantes à basse altitude et au-dessus des zones de mer libre. En clair, le méthane d’origine sous-marine profite des failles dans la glace pour gagner l’atmosphère.

Sachant que les glaces arctiques diminuent comme peau de chagrin (-2,7% par décennie), il est désormais probable que les émissions de méthane de la région ne cesseront d’augmenter et de renforcer par la même occasion l’effet de serre.



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