L’Arctique pollué par des incinérateurs hors la loi

Le 14 avril 2011 par Célia Fontaine
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Des incinérateurs à déchets non réglementaires déversent des substances toxiques sur les sols et dans les eaux de sites miniers et d'exploration de l'Arctique, selon une étude publiée le 23 mars dernier dans le journal scientifique Integrated Environmental Assessment and Management.
 
Des dizaines de sites consacrés à l'énergie, à la recherche minière ou à l'exploration au Nunavut (extrémité nord du Canada), et dans les territoires du Nord-Ouest utilisent des incinérateurs qui ne respectent pas la règlementation. Résultat, les sédiments d'un lac situé près de la mine de diamant Ekati, dans les territoires du Nord-Ouest, contiennent des taux de dioxine et de furane jusqu'à 10 fois plus élevés que dans un plan d'eau non contaminé, révèle l’étude conduite par Anne Wilson et ses collègues.
 
«Les dioxines et furanes sont des polluants chimiques organiques générés à l'état de traces au cours de processus thermiques, industriels ou naturels», selon la définition de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS). La persistance de ces produits dans l'environnement est très longue.
 
Chez l'homme, l'exposition aux dioxines et furanes peut être à l'origine d'effets cutanés, immunologiques, cancérogènes et de troubles de la reproduction.
 
Le gouvernement fédéral a été alerté de ces dysfonctionnements dès 2007, lorsqu’une première étude a mis en évidence les grandes quantités de dioxine et de furane déversées dans l'environnement nordique. Mais aucune mesure correctrice n’a été prise jusqu’à présent.
 
En Europe, les incinérateurs sont tenus de respecter les valeurs-limites fixées par la directive 2000/76. Ces valeurs portent sur les métaux lourds comme les dioxines et furanes, mais également sur le monoxyde de carbone (CO), les poussières, le carbone organique total (COT), le chlorure d'hydrogène (HCl), le fluorure d'hydrogène (HF), le dioxyde de soufre (SO2) et les oxydes d'azote (NO et NO2).
 
Les incinérateurs français doivent se plier aux exigences de deux arrêtés d’août 2010 (dans le JDLE), l’un concernant les déchets non dangereux et les déchets d'activités de soins à risques infectieux (Dasri) et l'autre les déchets dangereux. En mars 2002, l’incinérateur de Gilly-sur-Isère (Savoie) avait fait l’objet d’une plainte après le recensement de 80 cas de cancer à proximité du site. Le tribunal correctionnel a débattu les 29 et 30 novembre 2010 de la responsabilité de l’exploitant, Novergie, filiale de Suez-Environnement, renvoyée pour exploitation non conforme d'une installation classée et défaut d'autorisation (dans le JDLE). Le délibéré a été fixé au 23 mai prochain.


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