L’archéologie, victime collatérale du CO2

Le 21 juillet 2015 par Romain Loury
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Quel âge?
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Du fait de l’émission de CO2 par la combustion d’énergies fossiles, la datation au carbone 14, utilisée en archéologie, en biologie et en géologie, pourrait rapidement devenir inexploitable, révèle une étude publiée dans lundi 20 juillet dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas).

Se formant naturellement dans l’atmosphère terrestre, le carbone 14 est utilisé comme outil de datation, du fait qu’il se désagrège à un rythme à peu près constant, d’une demi-vie de 5.700 ans. Or le CO2 issu de la combustion des énergies fossiles, trop anciennes pour contenir encore du carbone 14, en est complètement dénué. Et au rythme actuel de nos émissions, l’effet de dilution pourrait être tel que cet outil deviendrait bientôt inutilisable.

A ce jour, le taux de carbone 14 dans notre environnement est pourtant de 2% supérieur à celui qu’il était à l’ère préindustrielle, rappelle Heather Graven, physicienne à l’Imperial College de Londres. Ce qui s’explique par les nombreux essais nucléaires entrepris depuis les années 1940, ont quasiment fait doubler le taux de carbone 14. Or depuis l’arrêt des essais, cet isotope n’est plus que sous influence des émissions de CO2.

Jusqu’à -25% de carbone 14 en 2100

La chercheure a testé les quatre scénarios d’émissions définis par le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), à savoir les RCP2.6, 4.5, 6.0 et 8.5, du plus ou moins optimiste. Résultat: si les scénarios RCP2.6 équivalent à une baisse de seulement 1,5% du taux de carbone 14 d’ici la fin du siècle, les RCP8.5 compromettent sérieusement l’emploi de cet outil.

Avec ces derniers scénarios, surnommés «business as usual» en termes de gaz à effet de serre, le taux de carbone 14 serait diminué de 10% en 2050, de 25% en 2100, par rapport à l’ère préindustrielle. Corollaire: la Terre vieillit actuellement de 30 années-carbone 14 par année calendaire, et pourrait paraître 1.000 ans plus âgée en 2050 qu’elle ne l’est réellement.

Il serait alors impossible de différencier une matière organique fraîche d’un squelette de l’an 1050. Et en 2100, nul ne pourra distinguer, avec le carbone 14, des échantillons issus du Moyen Age de ceux provenant de l’Empire romain. A moins de relancer des essais nucléaires d’ici là.



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