L’arachide indienne sous contrôle accru de l’UE

Le 31 juillet 2013 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Un produit sous haute surveillance
Un produit sous haute surveillance

L’arachide indienne constitue l’une des denrées alimentaires d’origine non animale les moins souvent conformes aux normes de l’Union européenne, avec 44,1% des échantillons analysés dépassant le seuil autorisé d’aflatoxines, ce qui lui vaut un durcissement des contrôles.

Au-delà des contrôles de routine, certains aliments d’origine non animale font l’objet de contrôles renforcés à leur entrée dans l’UE, en raison d’un risque sanitaire spécifique. Et ce en vertu du règlement n°669/2009, qui prévoit que les denrées en question entrent toutes par des points d’entrée désignés [1] et qu’une proportion d’entre elles (10%, 20% ou 50% selon l’acuité du risque) soient analysées de manière physique ou biologique.

Tel est le cas des arachides indiennes qui, en 2012, ont encore battu des records en termes de présence d’aflatoxines, selon le bilan pour cette année, publié lundi 29 juillet par la Commission européenne: parmi les 601 lots acheminés en Europe, 44,1% des 143 analysés se sont avérés non conformes aux exigences européennes.

L’Inde est également mise en cause pour ses gombos et ses feuilles de curry, dont respectivement 22,8% et 35,4% des lots analysés ne respectaient pas les normes en matière de résidus de pesticides. Egalement désigné par la Commission, le Ghana, dont 100% des lots d’arachide analysés (1 lot analysé sur 8 reçus en 2012) dépassaient le seuil d’aflatoxines. Quant au Nigeria, ce seuil était dépassé dans 88,9% des lots de graines de pastèque testées (8 sur les 9 analysés).

Arachides ghanéennes et indiennes, feuilles de curry et gombos indiens, graines de pastèques nigérianes… les non-conformités sont toujours aussi fréquentes malgré les contrôles renforcés, poussant la Commission européenne à hausser le ton. Dans son règlement d’exécution n°91/2013, elle a décidé de n’importer ces produits que sur présentation systématique d’un certificat sanitaire délivré par le pays d’origine.

«Les autorités indiennes, nigérianes et ghanéennes n’ont présenté aucun plan d’action concret et satisfaisant pour remédier aux lacunes et insuffisances des systèmes de production et de contrôle, bien que la Commission européenne en ait explicitement fait la demande», explique cette dernière dans ce règlement publié en janvier.

Au-delà de ces 5 produits à risque, d’autres montrent de nets signes d’amélioration au fil des ans, ce qui a conduit à en alléger les contrôles (épices indiennes, thaïlandaises pour les aflatoxines et les résidus de pesticides; fruits et légumes dominicains pour les résidus de pesticides), voire à les «dé-lister», tels les piments péruviens, désormais soumis à un contrôle de routine.

[1] Pour une liste des points d’entrée désignée en France, voir http://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/dgccrf/securite/produits_alimentaires/controles_importation/liste_PED_pcd.pdf



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus