L’Arabie saoudite sortira de l’ère pétrolifère en 2050

Le 29 mai 2015 par Aude Massiot
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Almadinah city, en Arabie saoudite
Almadinah city, en Arabie saoudite
Yasser Alghofily

Le 21 mai, le ministre du pétrole saoudien annonçait miser sur les énergies renouvelables pour sortir le pays de sa dépendance envers les énergies fossiles.

L’Arabie saoudite désinvestirait les énergies fossiles. On pourrait croire à une plaisanterie, mais non. Ali Al-Naimi, ministre du pétrole en Arabie saoudite, a bien évoqué cette possibilité. « Nous reconnaissons qu’éventuellement, un de ces jours, nous n’aurons plus besoin des énergies fossiles. Je ne sais pas à quelle échéance, en 2040, 2050, ou peut-être plus tard », a-t-il déclaré lors du sommet climat et affaires, qui s’est tenu à Paris, le 21 mai.

Combler une demande intérieure croissante

L’approvisionnement énergétique est un enjeu crucial pour ce royaume où la demande intérieure augmente de 10 à 11% par an, et où un quart de 10 millions de barils produits chaque jour est consommé par la population. En 2012, une étude publiée par la banque Citigroup, prévoyait même que le pays devrait importer du pétrole dès 2030, si la demande domestique en pétrole restait constante.

Le 21 mai, le ministre du pétrole saoudien annonçait donc vouloir devenir « un leader mondial dans les énergies solaires et éoliennes ». Un objectif plus que réaliste puisque que le pays prévoit la construction de 41 gigawatts de production d’énergie solaire d’ici 2040, et 21 Gw de production géothermale et éolienne. Alors qu’actuellement, seul 1% de l’électricité du pays provient des énergies renouvelables.

Le gouvernement saoudien mise aussi sur le nucléaire pour diversifier son mix énergétique. Seize réacteurs nucléaires devraient être construits pour 2030, avec une capacité totale de 17 Gw. L’Arabie saoudite a d’ailleurs signé un accord avec la France en 2011, prévoyant, entre autres, des transferts de technologies.

Devenir à terme exportateur

Les dirigeants saoudiens voient dans les énergies renouvelables et l’énergie nucléaire un moyen de répondre à la croissance de la demande intérieure, mais ils y voient aussi une filière d’avenir. Grâce à leur parc solaire, ils espèrent devenir exportateurs d’énergies renouvelables dans les années à venir.

L’intérêt de l’Arabie saoudite pour ces questions a poussé ses voisins à s’y intéresser. Ainsi, Dubai a signé, en janvier, un contrat pour la construction d’installations solaires pour une production de 200 Mw, alors qu’Abu Dhabi possède déjà un parc solaire de 100 Mw.

Le 21 mai, Ali Al-Naimi déclarait aussi espérer la réalisation d’un accord, lors de la COP 21 en décembre, qui fixerait un objectif de mix énergétique mondial, donnant la part belle aux énergies renouvelables.

Si l’Arabie saoudite prévoit d’éliminer les énergies fossiles de sa consommation intérieure, elle compte bien continuer ses exportations de pétrole et de gaz dont l’économie nationale est largement dépendante.



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