L’aquaponie attire les projets

Le 01 juin 2016 par Romain Loury
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L'aquaponie, une symbiose au service de l'environnement
L'aquaponie, une symbiose au service de l'environnement
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Les projets d’aquaponie, technique qui repose sur la symbiose entre poissons d’élevage et plantes cultivées, se développent en France et en Europe. Mené en Allemagne, l’un d’entre eux, INAPRO, a livré de premiers résultats prometteurs et devrait s’étendre cet été.

Depuis 2013, l’aquaculture a doublé la pêche comme source du poisson consommé à travers le monde. Si elle constitue une solution à la surpêche, elle pose d’autres problèmes: ses besoins en eau sont élevés, et elle entraîne une forte pollution par les nutriments, dont l’ammoniac et le phosphore.

D’où l’enjeu de l’aquaponie, technique ancestrale dont on retrouve la trace en Amérique centrale chez les Aztèques et les rizières asiatiques. Elle consiste à coupler l’élevage de poissons à la culture de plantes, cultivées hors-sol (en hydroponie) et fertilisées par les matières émises par ces animaux, transformées en nitrates et phosphates.

INAPRO, projet européen

Plusieurs projets ont déjà eu lieu dans le monde, avec des résultats intéressants. L’un d’entre eux, dénommé INAPRO, se déroule actuellement en Allemagne, à Abtshagen (Mecklembourg-Poméranie-Occidentale). Coordonné par l’Institut d’écologie aquatique et de la pêche en eau douce (IGB) de Leibniz, financé par l’Union européenne dans le cadre de son septième programme-cadre de recherche, il porte sur une surface de 200 mètres carrés, consacrée à l’élevage du tilapia et à la culture de la tomate.

Particulièrement innovant, il repose sur deux systèmes pour la circulation de l'eau, l’un pour l’aquaculture, l’autre pour l’hydroponie, fonctionnant de manière indépendante. Résultat: le système fonctionne de manière quasiment fermée, avec un renouvellement de l’eau de seulement 1% à 3% du total utilisé, contre 10% à 20% avec d’autres systèmes d’aquaponie testés.

«Grâce à un système de piège de refroidissement, l'eau qui s’est évaporé dans le secteur de l'horticulture est collectée et réinsérée dans celui de l'aquaculture. Ce système permet d'établir et de maintenir des conditions optimales dans les deux parties, en évitant des interactions nuisibles entre les poissons et les plantes», selon une plaquette de présentation du projet.

Contactée par le JDLE, Sofia Minero, consultante chez AlienorEU, société chargée des relations entre scientifiques et autorités européennes, indique qu’INAPRO va s’étendre, cet été, à deux autres sites, l’un dans le même Land allemand (Waren), l’autre dans le sud de l’Espagne (Murcie), sur des surfaces de 500 mètres carrés. A eux trois, ces sites de démonstration devraient produire environ 6 tonnes de tilapia et 12 tonnes de tomates par an.

En France, APIVA

En France, un projet similaire est mené depuis 2014 dans le cadre du projet APIVA sur trois sites, à savoir la station Peima (Pisciculture expérimentale Inra des monts d’Arrée, Inra[i]) à Sizun (Finistère), le lycée agricole de La Canourgue (Lozère) et la station horticole du Ratho (Institut technique de l’horticulture) à Brindas (Rhône).

Contacté par le JDLE, Laurent Labbé, directeur de la station Peima, fait état de «résultats encourageants», avec de «bons rendements» sur divers types de salades et des navets. La partie aquaculture émet «suffisamment de nitrates et de phosphates pour faire pousser les végétaux», mais les chercheurs rencontrent toutefois des difficultés pour réutiliser l’eau issue de l’hydroponie avec les poissons, du fait d’une trop grande teneur en nitrites et en ammoniac, toxiques pour eux.

Des résultats des différents sites d’Apiva seront présentés lors d’un colloque organisé les 21 et 22 juin à Guérande (Loire-Atlantique), qui rassemblera «une centaine de participants», explique Laurent Labbé. «C’est un sujet très porteur, avec beaucoup de projets prévus ces prochaines années», conclut-t-il.



[i] Institut national de la recherche agronomique

 



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