L’Antarctique perd un Larsen

Le 06 avril 2012 par Geneviève De Lacour
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Image satellite de la banquise Larsen B
Image satellite de la banquise Larsen B

Un vaste morceau de banquise situé dans la péninsule Antarctique, région particulièrement vulnérable au réchauffement climatique, a fondu de 85% au cours des 17 dernières années, selon l'annonce faite jeudi 5 avril par l'agence spatiale européenne (ESA).

Des images prises par le satellite Envisat de l’ESA montrent que la surface de cette plate-forme de glace flottante, appelée «Larsen B», est passée de 11.512 kilomètres carrés en 1995, à peu près la taille de l’émirat du Qatar, à seulement 1.670 km2 aujourd'hui.

Larsen B est l'un des trois morceaux de banquise qui s'étendent du nord au sud sur la côte est de la péninsule Antarctique, constituant la langue de terre qui s'élance vers l'Amérique du Sud.

De 1995 à 2002, plusieurs morceaux de glace se sont détachés de Larsen B, à commencer par Larsen A en janvier 1995. En 2002, la moitié de la surface qui restait de Larsen B s'est désintégrée à la suite d'un décrochage important.

Larsen C est pour l'instant resté fixe, mais les observations satellitaires montrent son amincissement et l'augmentation de la durée de la fonte de ses glaces en été, explique l'ESA dans un communiqué de presse.

Les morceaux de banquise sont d'épais tapis de glace flottante, attachés au rivage, qui sont créés par l'écoulement d'eau depuis les glaciers. Selon les scientifiques, ils sont très sensibles aux changements de température atmosphérique et peuvent être creusés par en dessous par les courants océaniques plus chauds.

Le nord de la péninsule Antarctique a subi un réchauffement atmosphérique d'environ 2,5°C au cours des 50 dernières années, un chiffre nettement supérieur à la moyenne mondiale.

Selon les chercheurs de l’ESA, il faut différencier les morceaux de banquise de la calotte glaciaire, vaste couche d'eau glacée couvrant l'Antarctique. Si celle-ci fondait, même en partie, elle élèverait de plusieurs mètres le niveau des mers, menaçant les petits Etats insulaires et les villes côtières. Mais les scientifiques constatent que la calotte glaciaire est pour l'instant stable.

«Ces observations sont pertinentes pour mesurer le comportement futur des étendues de glace de l'Antarctique de l'Ouest, beaucoup plus grandes, en cas de propagation du réchauffement vers le sud», déclare Helmut Rott, professeur à l'université d'Innsbruck en Autriche, cité par l'ESA.

Communiqué de l'ESA : http://www.esa.int/esaCP/Pr_21_2002_p_FR.html

 

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus