L’Antarctique ne survivrait pas aux énergies fossiles

Le 11 septembre 2015 par Romain Loury
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Ce n'est qu'un début
Ce n'est qu'un début
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Qu’adviendrait-il si l’on se dépêchait de brûler très vite toutes nos énergies fossiles? Réponse: l’Antarctique disparaîtrait entièrement en quelques millénaires, avec une montée des mers atteignant jusqu’à 60 mètres de haut, révèle une étude publiée vendredi 11 septembre dans la revue Science Advances.

Certes, l’Antarctique a déjà commencé à fondre, sous l’effet de notre fringale énergétique. En revanche, on en sait encore très peu sur les impacts de nos consommations présentes et futures sur le sixième continent. Or une fois la fête finie, la gueule de bois pourrait bien durer des millénaires.

Dans une étude de modélisation, Ricarda Winkelmann, de l’Institut de recherche sur l’impact climatique de Potsdam (Allemagne), et ses collègues ont tenté de savoir ce que l’Antarctique deviendrait si l’on brûlait l’ensemble des 10.000 gigatonnes de carbone d’énergies fossiles dans les prochains siècles.

Jusqu’à 4.000 ppm de CO2

Dans tous les cas de figure, il ne faudrait pas plus de 5 siècles pour y parvenir. Mais une fois la fumée dissipée, le CO2 accumulé dans l’atmosphère persisterait à niveau élevé sur des millénaires, avec un pic à 4.000 ppm si l’on brûlait tout –contre 400 ppm actuellement. Avec une température grimpant de 12°C, l’Antarctique fondrait en totalité: le niveau de la mer monterait de 30 mètres d’ici la fin du millénaire, jusqu’à 60 mètres dans les millénaires suivants.

Espérons que les diverses COP [1], dont la 21ème aura lieu début décembre à Paris, auront réglé le problème avant cela. Mais nul besoin d’un scénario aussi extrême pour que les conséquences s’avèrent rapidement graves: en ne brûlant que 600 à 800 gigatonnes de carbone après 2010, soit 60 à 80 ans au rythme actuel, l’ouest de l’Antarctique, dont la fonte a déjà débuté, commencera à devenir très instable.

C’est d’ailleurs au seuil de 600 gigatonnes de carbone que l’on s’approche du seuil fatidique de 2°C, celui que les climatologues estiment qu’il ne faut absolument pas dépasser, et que les négociateurs de la COP21 se sont fixés –pour l’instant sans grand succès au vu des propositions des Etats.

2°C, seuil critique

A 2°C, la hausse du niveau de la mer pourrait être réduite à 2 mètres sur un millénaire. Au-delà, aussi bien l’Antarctique ouest que le bassin de Wilkes (à l’est) deviendrait si instables qu’ils atteindraient un point de basculement: accélérant de manière soudaine, la montée des mers pourrait atteindre de l’ordre de 4 mètres d’ici la fin du millénaire, voire 10 mètres à long terme, pour une hausse de température comprise entre 2°C et 3°C.

«Cela ne se passerait pas en une nuit: le point crucial, c’est que nos actions d’aujourd’hui changent le visage de la planète tel que nous le connaissons, et continuera à le changer encore sur des dizaines de millénaires. Si nous voulons empêcher l’Antarctique de perdre toute sa glace, nous devons laisser le charbon, le gaz et le pétrole dans le sol», commente Ricarda Winkelmann.

[1] Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.



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