L’Anses veut interdire en Europe deux précurseurs du GHB

Le 16 janvier 2012 par Geneviève De Lacour
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Alors que le gamma-butyrolactone (GBL) et le 1,4-butanediol (1,4-BD) sont interdits en France depuis le 2 septembre 2011, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) recommande d’étendre l’interdiction au niveau européen. Ces deux substances chimiques industrielles, peu onéreuses, sont très utilisées dans l'industrie, principalement en tant que solvants ou intermédiaires de synthèse dans la fabrication de polyuréthane, de médicaments, produits phytosanitaires, polymères, etc.

Mais depuis 2005, plusieurs centaines de personnes ont été intoxiquées par l'absorption, volontaire ou non, de boissons aux propriétés euphorisantes contenant ces deux molécules. Elles sont en effet des précurseurs du gamma-hydroxybutyrate, plus connu sous le nom de GHB ou de «drogue du viol», classées comme stupéfiant depuis 1999. Or la consommation de ces deux molécules a augmenté depuis car, après ingestion, elles sont rapidement métabolisées en GHB dans l'organisme, provoquant le même genre de sensations, ce qui permet de contourner la législation sur le GHB. Mais l’Anses précise dans son rapport: «l'ingestion volontaire de GBL ou de 1,4-BD peut entrainer des troubles respiratoires, des troubles de la conscience, une perte de connaissance et une altération des fonctions vitales pouvant aller jusqu'au coma et conduire au décès».

Comme il est facile de se procurer du GBL et du 1,4-butanediol puisque ces substances sont vendues au grand public pour des usages divers (dissolvants, nettoyants automobiles…), y compris à de fortes concentrations, la France a décidé de réglementer leur mise sur le marché. Elle a interdit la vente au public du GBL et du 1,4-BD, que ce soit en tant que matière première, ou via des produits manufacturés contenant une concentration supérieure à 10%.

Allemagne, Pays-Bas, Danemark, Norvège, Suède, Finlande, Espagne, Italie, tout comme la Grande-Bretagne, connaissent le même problème, mais n’ont pas aussi strictement réglementé leur consommation. En raison de la libre circulation des biens à l'intérieur de l’espace européen, l’Anses souhaite donc étendre l’interdiction. Elle recommande en outre d’utiliser un dossier de proposition de restriction de ces molécules chimiques dans le cadre de Reach.

L’agence française estime nécessaire de renforcer également la communication sur le sujet en mettant l'accent sur les risques liés à la consommation simultanée d'alcool ou de drogues. «La GBL et le 1,4-BD pouvant être utilisés à des fins de soumission chimique, cette campagne de communication pourrait concourir à promouvoir les autres formes de précautions à prendre (surveillance de son verre dans les lieux de festivité, verres fermés, etc.)» précise le rapport.



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