L’Anses s’attaque aux compléments à base de levure de riz rouge

Le 23 octobre 2013 par Romain Loury
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Mieux vaut consulter un professionnel de santé avant de consommer ces compléments alimentaires.
Mieux vaut consulter un professionnel de santé avant de consommer ces compléments alimentaires.
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Les compléments alimentaires à base de levure de riz rouge, présentés comme efficaces contre le cholestérol, ne doivent être pris que sur conseil d’un professionnel de santé, estime l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation dans un avis soumis à consultation.

A l’origine de la prétendue efficacité de ces produits, la présence de monacoline K, commercialisée comme médicament sous le nom de lovastatine dans plusieurs pays: Etats-Unis, Canada, Allemagne, Espagne, etc.… mais pas la France. Comme les autres statines, celle-ci est prescrite afin d’abaisser le taux de cholestérol. C’est ce flou entre médicament et complément alimentaire, deux types de produits bien loin de partager le même régime d’autorisation, qui pose problème avec la levure de riz rouge.

En novembre 2012, l’UFC-Que Choisir révélait que sur 10 produits testés (vendus en pharmacie, en parapharmacie ou sur internet), 8 étaient «bidons»: se vantant de réduire le taux de cholestérol, ils n’atteignaient pas la dose de 10 milligrammes par jour de monacoline K, seuil fixé par la Commission européenne au-dessus duquel le fabricant peut mentionner un éventuel effet hypocholestérolémiant.

A l’inverse, les 2 autres produits atteignaient bien cette dose thérapeutique, que la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) n’autorise pourtant pas pour les compléments alimentaires vendus en France. D’où une situation paradoxale: la lovastatine n’est pas autorisée comme médicament en France, mais on la trouve en vente libre sous forme de complément alimentaire, à des doses subthérapeutiques ou thérapeutiques.

Des effets musculaires et hépatiques

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) vient à son tour de se saisir du sujet, avec un avis mis en consultation jusqu’au 15 décembre. Dans le cadre de son programme de nutrivigilance lancé en 2009, elle dit avoir reçu 25 signalements d’effets indésirables liés à ces compléments alimentaires, dont 12 d’imputation vraisemblable ou très vraisemblable: «Une majorité d’atteintes musculaires (myalgies souvent violentes)» et «3 atteintes hépatiques associées ou non à une atteinte musculaire».

En attendant de publier son avis définitif, l’Anses estime que ces produits ne doivent pas être utilisés par les patients prenant déjà des statines, ou par ceux ayant dû arrêter ces médicaments en raison d’effets indésirables, des personnes dites «intolérantes aux statines».

Dans tous les cas, mieux vaut consulter un professionnel de santé avant de consommer ces compléments alimentaires, voire simplement les éviter pour certaines populations sensibles (femmes enceintes, allaitantes ou en âge de procréer, enfants/adolescents, personnes âgées, présence de certaines maladies prédisposant aux effets indésirables incriminés, etc.).



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