L’Anses met en place un groupe de travail sur l’aspartame

Le 12 avril 2011 par Geneviève De Lacour
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a examiné deux nouvelles études sur les effets sanitaires de l’aspartame.

L’agence, dans son communiqué du 15 mars, a rendu son avis en soulignant que ces deux nouvelles études ne permettaient pas de réévaluer la toxicologie de l’édulcorant.

La première étude, réalisée à l’Institut Ramazzini de Bologne (Italie), portait sur les effets de l’aspartame sur la souris. Elle rapporte une augmentation du nombre de cancers chez la souris mâle après administration de très fortes doses d’aspartame (4.000 milligrammes par kilo) incorporé dans l’alimentation tout au long de la vie animale. L’Anses indique qu’il n’est pas possible de transposer à l’homme les effets observés chez la souris en raison des incertitudes et des déficiences méthodologiques présentées par l’étude.

La seconde étude s’est intéressée aux effets sanitaires de la consommation intense de boissons contenant des édulcorants alimentaires, dont l’aspartame, chez la femme enceinte et à l’augmentation du risque d’accouchement prématuré. L’étude du danois Halldorson, réalisée entre 1996 et 2002 auprès de 60.000 femmes danoises enceintes, établit une association statistique entre la consommation de ce type de boissons et l’augmentation du risque d’accouchement prématuré. Mais là encore, l’Anses considère que ces résultats préliminaires ne permettent pas d’établir de lien de cause à effet.

Le seul mécanisme évoqué par l’étude est l’exposition à l’aspartame. Les scientifiques danois suggèrent le rôle possible du méthanol, issu de la dégradation de l’aspartame, et un lien possible avec l’hypertension. L’Anses mentionne qu’il s’agit de la première étude publiée sur ce sujet et que de nouvelles études seraient nécessaires pour infirmer ou confirmer ces résultats.

En conclusion, l’Anses estime que ces nouvelles études «n’apportent pas de bases scientifiques suffisantes pour une réévaluation de l’aspartame au plan toxicologique» et pour évoquer une révision de sa dose journalière admissible (DJA) qui est de 40 mg par kg de poids corporel par jour. Mais elle déclare vouloir «partager la volonté de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) d’approfondir les enjeux toxicologiques des édulcorants dans le cadre de la réglementation européenne en vigueur» et d’y apporter son concours.

L’Anses, «considérant que la question de l’intérêt nutritionnel des édulcorants est régulièrement posée», s’engage à mettre en place un groupe de travail. Celui-ci sera chargé d’évaluer les bénéfices et les risques nutritionnels des édulcorants intenses, c’est-à-dire ayant un pouvoir sucrant élevé, et la nécessité éventuelle d’élaborer des recommandations pour les populations sensibles, parmi lesquelles les femmes enceintes.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus