L’Anses en facilitatrice de la transition agronomique

Le 26 février 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Des choux sous la machine.
Des choux sous la machine.
VLDT

Son directeur général a dévoilé, ce lundi, les coups de pouce que l’agence pourrait donner pour contribuer à la réduction de l’usage des pesticides de synthèse.

C’est finalement sur leur stand du Salon de l’agriculture que les dirigeants de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) ont tenu, ce lundi 26 février, leur conférence de presse de rentrée. Suite à donner aux Etats généraux de l’alimentation, scandales sanitaires, fin de l’utilisation du glyphosate en trois ans, insecticides néonicotinoïdes, les sujets ne manquent pas.

La fin programmée des néonicotinoïdes

Les néonicotinoïdes, qui doivent être interdits entre septembre 2018 et 2020, mobilisent les équipes. L’Anses doit prochainement publier deux rapports: l’un sur les effets pour la santé humaine de ces molécules nocives aux pollinisateurs, l’autre sur les produits alternatifs.

L’Anses se jette à l’eau. Le 28 février, elle signera un accord-cadre avec l’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). Les deux institutions s’épauleront mutuellement sur plusieurs sujets «à fort enjeu en matière sanitaire»: biotoxines marines, pollutions métalliques des produits de la pêche, bactéries aquatiques, parasites, virus d’intérêt général et microplastiques.

Alternative, le sujet est d’ampleur. C’est dans les prochaines semaines que Nicolas Hulot doit dévoiler les contours du plan Ecophyto III qui devra permettre de structurer la recherche, de diminuer l’utilisation des molécules «les plus préoccupantes», d’accompagner les agriculteurs. Il sera financé, a rappelé le 23 février le président Macron, par le programme de soutien à l’agriculture qui sera doté de 5 milliards d’euros.

Réussir Ecophyto

A cet égard, Roger Genet a quelques idées sur la question: «Dans le cadre du programme EcoAntibio 2017, nous avons réussi à réduire de 25% en 5 ans l’utilisation des antibiotiques vétérinaires. Malgré deux plans Ecophyto, les volumes de produits phytopharmaceutiques progressent», constate le directeur général de l’Anses. Lequel soutient le projet gouvernemental de séparer les activités de conseil et de vente desdits produits. Parallèlement, l’Anses préconise l’élaboration de référentiel d’utilisation des pesticides visant à ne les utiliser que pour protéger les cultures et non plus en premier recours, voire en prévention.

Soutenir le biocontrôle

Autre priorité gouvernementale: le bio. Problème, toutes les productions peinent à trouver des substituts aux molécules utilisées en agriculture conventionnelle. « De tels produits existent, outre-Atlantique, mais leurs producteurs ne font pas toujours de demande d’autorisation de mise sur le marché (AMM)», constate Roger Genet. Souvent portée par de petites entreprises, la recherche ne faiblit pas dans l’Hexagone.

Hélas, les dossiers ne sont pas toujours à la hauteur des exigences de l’Anses. «Nous ne pouvons traiter différemment les dossiers. Les PME et TPE œuvrant dans le domaine du biocontrôle doivent être accompagnées, comme le sont les startup du domaine de la biotech», propose-il. Collectivités, pôles de compétitivité pourraient ainsi soutenir ces micro-entreprises dans la constitution du dossier d’AMM ou, financièrement, pendant l’instruction.

 

 



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