L’Anses à l’écoute des signaux forts et faibles

Le 25 février 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Menace sur l'esturgeon girondin?
Menace sur l'esturgeon girondin?
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Comme chaque année, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) présente son programme de l’année pendant le Salon de l’agriculture. Un programme chargé.

 

Dans les prochains jours, l’agence basée à Maisons-Alfort (Val-de-Marne) publiera une étude hiérarchisant les dangers potentiels des produits phytosanitaires et de leurs usages.

Elle achève aussi la rédaction du cahier des charges sur le caractère cancérigène du glyphosate. «Nous établissons le cahier des charges d'une étude indépendante qui devrait éclairer la question des dangers du glyphosate, pour essayer de trancher cette controverse sur les dangers du glyphosate et en particulier sa cancérogénicité», confirme Françoise Weber, directrice générale déléguée, en charge des produits réglementés. Cette étude complétera celle que doit prochainement rendre l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

chlordécone et peste porcine

L’Anses commence aussi une réflexion sur l’indemnisation des victimes du chlordécone. «Egalement en complément du travail produit par l’Inserm, nous évaluons les effets d’une contamination au chlordécone. A partir de cette évaluation, le gouvernement pourra décider si l’on constitue un tableau des maladies professionnelles et quelles maladies seront reconnues», indique Gérard Lasfargues, directeur général délégué au pôle Sciences pour l’expertise.

En pleine crise (en Belgique) de peste porcine africaine, l’Anses renforce son expertise sur les maladies vectorielles et leurs vecteurs. Récemment créé, un groupe de travail spécifique porte particulièrement son attention sur les risques régnant dans les régions ultra-marines. «L’idée, c’est d’anticiper sur les crises et de préparer des stratégies de lutte contre les vecteurs qui réduisent les risques à court et à long terme pour les populations», indique Matthieu Schuler directeur de l'évaluation des risques. Mais avec le réchauffement climatique, certains vecteurs normalement assignés aux basses latitudes pourraient entamer une lente remontée, telles certaines tiques portugaises, porteuses d’asfivirus, le virus de la peste porcine africaine.

natifs ou baladeurs: les virus

Ces signaux faibles ne sont pas seulement perceptibles sur terre. Dans la Gironde, des virus, naturellement présents dans l’estuaire, commencent à infecter les esturgeons élevés en aquaculture. En Corse du Sud, des populations de mérous ont été décimées par une encéphalopathie au nadovirus, un pathogène que l’on rencontre fréquemment dans les fermes aquacoles élevant des bars. Une activité inexistante en Corse. «Ces virus sont probablement originaires des fermes d’Afrique du Nord. Les virus ont peut-être été véhiculés en Corse par les eaux de ballast de navires», estime l’un des chercheurs de l’Anses.

Autre source d’inquiétude: la remontée de ciguatoxines, là encore probablement favorisée par le réchauffement. Produite par une microalgue vivant dans les récifs coralliens, cette famille de toxines (dont la fameuse ciguatera) est véhiculée par les poissons. Sa toxicité s’accroit généralement à mesure que l’on progresse dans la chaîne trophique.



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