L’ANR met en stand by la recherche en santé environnementale

Le 14 décembre 2011 par Geneviève De Lacour
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Le 12 décembre, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) organisait un colloque sur le thème «Cancer et expositions environnementales». Les chercheurs américains, canadiens ou allemands étaient très bien représentés, démontrant ainsi la force de la recherche internationale. La France, très en retard sur le sujet, souffre depuis des années d’une pénurie de toxicologues. Mais depuis peu, elle a décidé de déployer plus de moyens pour répondre aux inquiétudes des citoyens vis-à-vis de l’origine environnementale des cancers.

Un mouvement brisé dans son élan. L’Agence nationale de la recherche (ANR) a en effet décidé lors de son dernier conseil d’administration, le 27 octobre, de suspendre l’appel à projets «Contaminants et environnement: métrologie, santé, adaptabilité, comportements et usages» (Cesa) alors que celui-ci avait été lancé il y a à peine un an. Pour Robert Barouki, directeur de l’unité 747 de l’Inserm[1] (Université Paris-Descartes), «l’ANR souhaite rediscuter le périmètre du programme de recherche», argumentant d’un potentiel chevauchement avec celui de l’Anses. Or, selon le scientifique, «les projets de l’Anses sont beaucoup plus appliqués et de plus petite taille».

Le financement du Cesa s’élève à environ 9 millions d’euros, «il s’agit du plus important programme de recherche en toxicologie, en écotoxicologie, portant sur les contaminants de l’environnement», explique Robert Barouki. L’Anses dispose, quant à elle, d’un budget de recherche deux fois moins important. Le programme Cesa a permis, par exemple, de financer la recherche sur le chlordécone, un insecticide, démontrant le lien qui existe entre exposition au chlordécone et excès de cancers de la prostate chez les ouvriers agricoles des champs de bananes de Guadeloupe et de Martinique.

L’ANR assure que le Cesa pourra participer à une seconde vague d’appel à projets qui sera ouverte à l’automne 2012, pour un financement début 2013. Mais Robert Barouki déplore l’arrêt du programme pendant une année entière: «Ce n’est pas bon pour les communautés scientifiques, on ne peut pas accepter de telles discontinuités».

La décision de report a suscité de nombreuses réactions d’indignation parmi les chercheurs qui demandent le rétablissement immédiat du programme consacré à la santé environnementale.

 


[1] Inserm: Institut national de la santé et de la recherche médicale


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