L’Anode ne veut pas du CEE précaire

Le 09 octobre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Inefficaces, les CEE pour réduire la précarité énergétique ?
Inefficaces, les CEE pour réduire la précarité énergétique ?

Les membres de l‘association des concurrents d’EDF et de GDF s’estiment incapables d’atteindre les objectifs de rénovation énergétique proposés par le gouvernement. Et plutôt que de rénover le système des CEE, l’Anode suggère l’instauration d’une taxe.

Remontés. Les représentants des membres de l’Association nationale des opérateurs détaillants en énergie (Anode) étaient remontés, ce vendredi 9 octobre, face au projet de réforme du dispositif des certificats d’économie d’énergie.

Après avoir, ces derniers mois, rendu moins généreuses les fiches d’opération standardisée, le ministère de l’écologie entend rehausser le niveau d’objectif d’économie d’énergie des obligés. Pour la troisième période d’engagement (2015-2018), ces entreprises doivent faire réaliser à leurs clients 700 térawattheures cumac d’économie. C’est certes deux fois mieux que durant la seconde période (345 TWh c), mais c’est très inférieur au 1.100 TWh préconisés par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

entre 200 et 350 TWh

Pire, les principaux obligés (Total, EDF, Engie) disposent d’un véritable trésor de guerre de CEE, amassé entre la fin de la seconde période (décembre 2013) et le début de la troisième (1er janvier 2015). Selon les experts, ce butin est estimé entre 200 et 350 TWh cumac. Dans ces conditions, l’atteinte de l’objectif ne fait plus l’ombre d’un doute et ne motive plus personne. Avec comme corollaire l’effondrement du prix des certificats et des entreprises spécialisées dans leur valorisation en grande difficulté.

Pour tenter de redonner vie à ce système créé par la loi Pope de 2005, la Direction générale de l’énergie et du climat propose l’instauration d’une nouvelle obligation: la création de 125 TWh cumac/an, ces deux prochaines années, pour la rénovation de logements occupés par des ménages en précarité énergétique. Les textes sont en consultation et pourraient entrer en vigueur au 1er janvier prochain. Au grand dam des membres de l’Anode.

4% du montant des travaux

D’une manière générale, les concurrents des opérateurs historiques ne portent pas les CEE dans leur cœur. Pour Fabien Choné, le président de l’association, il s’agit d’un mécanisme inefficace, d’une grande lourdeur administrative: «Pour les particuliers, la prime CEE représente environ 4% du montant des travaux. Ce n’est pas incitatif, contrairement au crédit d’impôt, bien connu du public, dont le montant de l’aide est en moyenne 4,5 fois plus importante que celle de la prime CEE.»

Autre grief, les petits concurrents d’EDF et d’Engie se sentent incapables de remplir leurs futures obligations vis-à-vis des populations précaires. «Nous n’avons, par exemple, aucun moyen de les détecter même parmi nos clients», explique Naïma Idir, directrice des affaires institutionnelles et réglementaires d’ENI France.

Pourquoi pas une taxe?

Contrairement à leurs grands concurrents historiques, les petits opérateurs de l’Anode ne disposent pas non plus de réseaux d’artisans leur permettant de réaliser les travaux générateurs de CEE. «Si le texte entre effectivement en application en janvier prochain, nous disposerons de deux ans pour bâtir un système d’aide aux personnes en difficulté, ce qui est beaucoup trop court», renchérit Fabien Choné.

Incapables de satisfaire à leurs obligations, les membres de l’Anode craignent de devoir acheter sur le marché les certificats qu’ils n’auront pas pu générer. Avec des conséquences inattendues. A en croire Fabien Choné, le prix des CEE pourrait alors atteindre 20 euros: 10 fois le prix actuel. De quoi faire grimper, assure-t-il, le prix de l’électron. Une solution pour éviter semblable dégât collatéral: «Pourquoi pas une taxe dont seraient exonérés les précaires énergétiques», propose le directeur général délégué de Direct Energie.

 



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