L’année électrique selon RTE
Le 20 janvier 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
Comme chaque année, le gestionnaire du réseau français de transport d’électricité — RTE — publie un bilan de l’activité du secteur électrique hexagonal.
A bien des égards, 2010 a été une année remarquable. A commencer par la consommation. L’an passé, ménages, collectivités et entreprises ont consommé 513 térawattheures (TWh), soit 5,5 % de plus qu’en 2009.
Les deux tiers de cette croissance sont imputables à la météo. Météo France rappelle que 2010 est l’année la plus froide observée depuis 1987. Et avec la progression du chauffage électrique, il était fatal que la demande augmente. « Chaque degré inférieur à la moyenne saisonnière accroit de 2.300 mégawatts (MW) la puissance appelée », résume Dominique Maillard, président du directoire de RTE.
Or, à la fin décembre, les températures étaient inférieures de 6,3°C aux moyennes saisonnières. Conséquence : les 14 et 15 décembre, deux records de consommation d’électricité ont été battus. Mais le chauffage électrique n’explique pas tout. « En moyenne, la demande des ménages a progressé de 1,5 % sur l’année et celle de la grande industrie de 3,7 % », précise Dominique Maillard.
Malgré la hausse de la demande, le système électrique n’a jamais été menacé de black-out. Grâce à la croissance de leur parc et à une bonne pluviométrie, les électriciens ont accru de 4,6 % la production d’électrons qui a atteint 550,3 TWh.
Les renouvelables ont injecté 15 % du courant, les centrales thermiques 11 % et les centrales nucléaires 74 %. A noter, toutefois, la forte croissance de la production d’électricité verte : +10 % pour l’hydraulique, +11 % pour les centrales à biomasse, +22,2 % pour l’éolien et +281 % pour le photovoltaïque.
Malgré cela, le secteur a vu augmenter de 3 % ses émissions de CO 2, qui ont atteint 34,1 millions de tonnes.
La stabilité du système a aussi été maintenue grâce au succès des opérations EcoWatt. Opérationnel en Bretagne et en Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), ce dispositif informe les abonnés volontaires de l’approche d’une période de pointe. Ainsi alertés, ils réduisent leur consommation entre 18 et 20 heures, ce qui contribue à sécuriser le système électrique. En Bretagne et dans l’est de Paca, EcoWatt a permis de réduire de 1,5 % la demande aux heures de pointe, soit l’équivalent de la consommation d’une ville comme Saint-Raphaël (34.000 habitants).
Côté exportation, la situation se redresse un peu. En 2010, la France a globalement exporté plus qu’elle n’a importé. Le solde positif a atteint 29,5 TWh, soit 19 % de mieux qu’en 2009, année la plus noire du commerce extérieur électrique depuis 10 ans. Les exportations ont dépassé les importations avec le Royaume-Uni, l’Italie, la Suisse. En revanche, l’Allemagne, la Belgique et l’Espagne (une première !) nous ont vendu davantage d’électrons.
Et avec la construction en cours d’une interconnexion transpyrénéenne, Madrid pourrait encore développer ses exportations de courant.
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