L’amiante lié au cancer colorectal

Le 02 mars 2017 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
L'amiante n'affecte pas que le poumon
L'amiante n'affecte pas que le poumon
DR

L’exposition professionnelle à l’amiante semble bien associée au risque de développer un cancer du côlon, révèle une étude française publiée dans la revue Environmental Health Perspectives.

Si l’amiante est un facteur bien établi de mésothéliome pleural, de cancers du poumon, de l’ovaire et du larynx, cette association demeure sujette à caution pour d’autres cancers, dont ceux du pharynx, de l’estomac, du côlon et du rectum, en raison d’études ayant montré des résultats divergents.

Le Circ prudent

Pour ces derniers cancers, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) considère d’ailleurs l’amiante comme un «agent cancérogène avec indications limitées», ce qui «signifie qu’une relation causale a été établie entre l’agent et le type de cancer étudié (agent cancérogène), mais que le hasard ou les biais ne peuvent être totalement écartés pour expliquer cette relation».

Au-delà de l’amiante, une étude américaine publiée mardi 28 février dans le Journal of the National Cancer Institute révèle que le cancer colorectal, qui frappe avant tout les plus de 50 ans, tend à diminuer dans cette classe d’âge, alors qu’il connaît une forte hausse chez les jeunes (+2,4% par an chez les 20-29 ans). Comparés aux personnes nées en 1950, celles nées en 1990 auraient 2,4 fois plus de risques de développer un cancer du côlon au cours de leur vie, et même 4,32 fois plus de risques d’avoir un cancer du rectum.

Ainsi, pour le cancer colorectal, rares sont les études qui ont tenu compte d’autres facteurs de risque, dont le tabagisme, l’alcool, le poids et les antécédents familiaux de cancer, au risque de fausser les résultats. C’est ce qu’ont fait Christophe Paris, du centre hospitalier universitaire (CHU) de Nancy, et ses collègues, lors de leur étude menée sur 14.515 hommes retraités, tous exposés à l’amiante au cours de leur carrière.

Un risque presque quintuplé

Pour le cancer du côlon, les chercheurs ont ainsi mis en évidence un lien entre l’exposition cumulée à l’amiante, ainsi qu’avec le temps écoulé depuis la première exposition. Au-delà de 20 ans depuis le premier contact, le risque de cancer colorectal est ainsi multiplié par 4,67.

Idem pour le cancer du rectum, avec un risque multiplié par 4,57 au-delà de 20 ans après le premier contact. Les chercheurs n’ont en revanche pas trouvé d’association statistiquement significative avec l’exposition cumulée à l’amiante. Un résultat à rendre «avec prudence», en raison du petit nombre de cas analysés (62 cas de cancer du rectum), concluent-ils.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus