L’amiante chrysotile sauve sa peau une fois de plus

Le 04 mai 2017 par Romain Loury
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L'amiante soutenu par ses producteurs
L'amiante soutenu par ses producteurs
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La Convention de Rotterdam a de nouveau échoué, mercredi 3 mai, à inscrire l’amiante chrysotile à son annexe III, qui réglemente le commerce international de produits dangereux. En cause, le blocage de plusieurs pays exportateurs, dont la Russie et l’Inde.

C’est le sixième échec en 12 ans: cette huitième conférence des parties (COP8) de la Convention de Rotterdam, qui s’achève vendredi 5 mai à Genève, a de nouveau buté sur la question de l’amiante chrysotile. Une fois de plus, il s’agissait d’inscrire cette substance à l’annexe III, qui oblige le pays exportateur à informer l’acheteur de la dangerosité du produit.

Mise en cause du processus décisionnel

Or la Convention de Rotterdam souffre d’un défaut majeur: de telles décisions ne peuvent être prises qu’à l’unanimité des 157 pays qui en sont membres, chaque pays possédant donc un droit de veto. Cette fois-ci, ce sont la Russie (premier producteur mondial), l’Inde, le Zimbabwe et le Kazakhstan qui ont fait barrage à l’inscription de l’amiante chrysotile.

Outre la COP8 de la Convention de Rotterdam, le Centre international de conférences de Genève accueille en même temps la COP13 de la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontaliers de déchets dangereux et de leur élimination, ainsi que la COP8 de la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants.

Pour l’Association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva), «le refus d’inscrire un produit qui fait plus de 100.000 morts par an dans le monde est plus qu’un échec. Cette victoire des marchands de mort est une véritable faillite pour la Convention de Rotterdam, chargée de protéger la santé publique et l’environnement».

Outre l’amiante, le paraquat, insecticide interdit depuis 2007 dans l’UE en raison de sa toxicité, a fait l’objet d’un même échec lors de cette COP8. Afin d’éviter de tels blocages, 12 pays africains avaient proposé un changement de règle, en permettant l’inscription d’un produit lorsqu’au moins 75% des pays étaient d’accord à ce sujet. Là aussi sans succès.

Le Canada fait pénitence

Longtemps dans le camp des partisans de l’amiante, le Canada, ancien leader du marché mondial (et longtemps à la tête des opposants à l’inscription), a annoncé en décembre 2016 l’interdiction de son utilisation et de son importation d’ici à 2018.

Quant aux Etats-Unis, l’agence de protection de l’environnement (EPA) a annoncé en novembre 2016 (sous la présidence Obama) une réévaluation des risques en vue d’une interdiction –dans les faits, le produit n’est plus utilisé dans le pays. A travers le monde, 59 pays interdisent l’emploi de l’amiante, dont tous ceux de l’UE.



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