L'Amérique du Sud face à l'industrie du papier

Le 08 juin 2005 par Claire Avignon
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eucalyptus
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Alors que les gouvernements sud-américains voient dans l'industrie du bois un moyen d’attirer des investissements étrangers dans leur pays, de nombreux élus et membres d'associations s'inquiètent des impacts environnementaux liés à la fabrication de papier.

Deux projets d'usines de fabrication de papier sont au coeur de la polémique. L'entreprise espagnole Ence a annoncé un investissement de 500 millions de dollars (400 millions d'euros) pour une production annuelle de 500.000 tonnes de papier. De son côté, le groupe finlandais Botnia veut investir 1,1 milliard de dollars (880 millions d'euros) dans une usine d'une production annuelle de 1 million de tonnes de pâte à papier blanchie sans chlore gazeux (elementary chlorine free ou ECF). Botnia a présenté son projet comme «le plus grand investissement industriel de l'histoire de l'Uruguay» et a mis en avant les avantages d'une telle implantation. L'industriel finlandais promet la création de 300 emplois dans l'usine, et surtout de 8.200 emplois directs et indirects dans tout l'Uruguay. Un argument convaincant pour une région qui connaît un taux de chômage qui va de 9% à 21% selon le département. Les emplois proviendraient notamment de l'export, de la construction de nouvelles infrastructures de transport, etc. Au total, Botnia estime à 1,6% la hausse du produit intérieur brut (PIB) de l'Uruguay.

Botnia a publié ces chiffres à la suite de la prise de position de l'Argentin Adolfo Pérez Esquivel, prix Nobel de la Paix, l'écrivain Eduardo Galeano et Hebe de Bonafini. Lors du forum social mondial de Porto Alegre (Brésil) qui s'est tenu du 26 au 31 janvier, ces écologistes ont adressé une lettre au président uruguayen pour le prier de stopper les projets européens. Au sein du groupe Guayubira, ils proclament «Oui à la vie, non à l'usine de papier». Selon les opposants à l'industrie du papier, les fabriques seraient non seulement source de pollution, mais elles entraîneraient aussi la suppression d'emplois dans l'agriculture, puisque les surfaces seraient destinées aux plantations de forêt. Autre inquiétude: les industriels pourraient raser des forêts "naturelles" pour les remplacer par des forêts d'eucalyptus.

Malgré ces protestations, le gouvernement uruguayen encourage le développement de l'industrie du bois et du papier, espérant des bienfaits économiques et sociaux des projets. Ainsi, depuis le début des années 1990, la surface dédiée aux plantations de forêt (eucalyptus et pins en tête) a considérablement augmenté en Uruguay, passant de moins de 50.000 hectares à plus de 600.000 hectares en 2002.




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