L’ambroisie, une lutte perdue d’avance?

Le 26 mai 2015 par Romain Loury
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L'ambroisie en route vers le nord
L'ambroisie en route vers le nord
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Sortez vos mouchoirs: en raison du réchauffement climatique, l’ambroisie devrait s’ancrer encore plus en Europe d’ici 2050. Son pollen pourrait y devenir 4 fois plus abondant dans l’air, révèle une étude française publiée dans la revue Nature Climate Change.

Surtout présente en Bourgogne, en Auvergne et en Rhône-Alpes pour la France, ainsi que dans la plaine de Pannonie [1] et le nord de l’Italie, cette plante d’origine nord-américaine provoque de désagréables réactions allergiques, telles que rhinite, conjonctivite, asthme et urticaire. Et malgré les campagnes de lutte, tout indique que cette plante, du fait de sa forte prolifération, ne pourra certainement pas être éradiquée.

Pire, elle pourrait contaminer d’autres terres, révèle une étude de modélisation publiée lundi 25 mai dans Nature Climate Change. Menés par Lynda Hamaoui-Laguel, du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE) à Gif-sur-Yvette [2], et ses collègues, ces travaux révèlent que d’ici 2050, le pollen d’ambroisie, à l’origine des allergies, pourrait être en moyenne 4 fois plus présent dans l’air européen en 2050 qu’il ne l’est actuellement, voire jusqu’à 12 fois plus.

Selon les chercheurs, cette hausse serait aux deux tiers liée au réchauffement climatique, et pour un tiers à la dynamique de dissémination des graines, qu’elle soit d’origine naturelle (cours d’eau, eau de ruissellement) ou humaine (transports, pratiques agricoles).

Prochaine étape, le nord de la France

Le réchauffement aura en effet plusieurs effets favorables pour la plante. Il ouvre à l’ambroisie de nouveaux territoires plus au nord, notamment le nord de la France, le sud de l’Angleterre et l’Europe du Nord et centrale. D’autre part, la hausse de température et la montée du taux de CO2 pourraient allonger la période annuelle de production des pollens, qui seront encore plus abondants là où ils sont déjà présents.

Pour les personnes allergiques, le fardeau pourrait être encore plus lourd qu’il ne l’est déjà. En présence de polluants atmosphériques, mais aussi lorsque la température et le taux de CO2 s’élèvent, les pollens deviennent plus allergisants. Ils peuvent aussi pénétrer plus profondément dans les bronches. Ce qui fait craindre que les allergies soient plus fréquentes, et aussi plus sévères.

«Une fois qu’elle s’est établie dans un territoire, l’ambroisie est difficile à éradiquer du fait de la persistance de sa graine, de sa capacité à repousser lorsqu’elle est coupée et de sa propension à développer des résistances aux herbicides. Nos résultats indiquent que son contrôle deviendra de plus en plus difficile en Europe, dont l’environnement lui sera encore plus favorable (…)», commentent les chercheurs.

[1] Bassin sédimentaire du centre et du sud de l’Europe, la plaine de Pannonie est répartie entre l’Autriche, la Croatie, la République tchèque, la Hongrie, la Roumanie, la Slovaquie, la Serbie et l’Ukraine.

[2] Menés en collaboration avec des chercheurs autrichiens, britanniques et italiens, ces travaux ont été conduits sous l’égide du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) et du Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA).



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