L’ambitieux programme environnemental de la présidente de la commission européenne

Le 17 juillet 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
La nouvelle présidente de la Commission a été élue avec 8 voix de majorité.
La nouvelle présidente de la Commission a été élue avec 8 voix de majorité.
DR

 

Elue avec huit voix de majorité, Ursula von der Leyen entend rapidement dynamiser les politiques communautaires en faveur du climat. Quitte à abandonner la règle de l’unanimité pour certains choix politiques.

 

C’est inédit ! Pour la première fois de son histoire, l’Union européenne sera dirigée par une femme. Mardi 16 juillet, une majorité des parlementaires européens a voté en faveur d’Ursula von der Leyen qui devient la première présidente de la Commission.

Durant sa très courte campagne électorale, l’ancienne ministre allemande de la défense a bâti un ambitieux programme quinquennal (2019-2024). Comme elle l’avait indiqué, la semaine passée, lors de son audition devant le groupe des eurodéputés verts, la nouvelle présidente entend sensiblement renforcer l’action climatique de l’Europe. Durant les 100 premiers jours de son mandat, cette médecin de 60 ans va présenter un Pacte vert. Ce programme prévoit de réduire de 55% les émissions de GES entre 1990 et 2030, contre 40% actuellement. A ce rythme, l’Europe serait le premier continent neutre en carbone en 2050, soutient-elle.

élargissement de l'ETS

Pour ce faire, les secteurs aériens et maritimes seront totalement intégrés au système d’échange des quotas d’émissions (ETS), avant d’être rejoints, par la suite, par les entreprises du transport routier et du BTP. La responsable démocrate-chrétienne promet aussi d’instaurer une taxe carbone aux frontières et de revoir la fiscalité communautaire de l’énergie. Si elle ne parle pas ouvertement du charbon, la sexagénaire entend utiliser les fonds de cohésion pour aider les régions touchées par la transition énergétique à «rester en phase avec le monde». Ce soutien sera complété par celui apporté par le fonds pour une transition juste, à créer.

En plus de présenter une stratégie en faveur de la finance verte et un plan d’investissement pour une Europe durable (1.000 milliards d’euros en 10 ans), la successeur de Jean-Claude Juncker entend réformer la banque européenne d’investissement (BEI). Objectif: que la moitié de ses financements soient orientés vers le climat en 2025, contre 25% aujourd’hui.

stratégies light

Le climat n’est pas tout l’environnement. La fidèle d’Angela Merkel promet de présenter une stratégie pour protéger la biodiversité durant la prochaine décennie. Sans plus de détail. Tout aussi light sont les promesses portant sur les futures stratégies en faveur de l’agriculture durable (baptisée «De la ferme à l’assiette»), de la santé environnementale et de l’économie circulaire. Seule certitude: la présidente de la Commission «a la volonté d’ouvrir un nouveau front dans notre lutte contre les déchets en plastique, en visant les micro-plastiques.»

Partisane d’une économie de marché sociale et environnementale, l’ancienne patronne de la Bundeswehr veut parachever l’union des marchés des capitaux, consolider l’euro, achever l’union bancaire et assurantielle, sans obérer l’essentiel. «Notre politique économique doit aller de pair avec les droits sociaux, l’objectif de neutralité climatique de l’Europe et la compétitivité de l’industrie.»

veto parlementaire

Reconnaissant que le «commerce n’est pas une fin en soi», Ursula von der Leyen propose ne plus mettre en vigueur les accords commerciaux «qu’après l’approbation par le parlement européen.» Les prochains accords commerciaux devront comporter «un chapitre consacré au développement durable et [adhérer] aux normes les plus élevées de protection en matière de climat, d’environnement et de travail, y compris une tolérance zéro pour le travail des enfants.»

Annonçant vouloir dynamiser la démocratie européenne, la présidente se dit favorable à un droit d’initiative pour le parlement européen. A chaque fois que le parlement de Strasbourg adoptera une résolution impliquant le vote d’une directive ou d’un règlement, la Commission devra présenter des propositions législatives.

«Nous devons tendre vers un plein pouvoir de codécision pour le parlement européen et la suppression de l’unanimité pour les politiques en matière de climat et d’énergie, en matière sociale et de fiscalité», estime-t-elle. De quoi effectivement dynamiser la démocratie et la protection de l’environnement en Europe. La laissera-t-on seulement faire?



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus