L’amateur français de poisson toujours plus dépendant des importations

Le 21 mai 2012 par Stéphanie Senet
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La production annuelle de l'Hexagone est déjà consommée
La production annuelle de l'Hexagone est déjà consommée

La France célèbre, ce 21 mai, le «jour de la dépendance». En clair, les étals des poissonniers français seraient vides s’ils ne dépendaient que de la seule production nationale (pêche ou élevage).

Selon les ONG New economics foundation (NEF) et Ocean 2012, qui viennent de publier leur rapport annuel sur la dépendance à la pêche en Europe, cette limite intervient trois semaines plus tôt que l’an dernier et trois mois et demi plus tôt qu’il y a vingt ans [JDLE].

Les pêcheurs français ne fournissent plus que 38,6% des poissons consommés dans l’Hexagone, contre 68% en 1990.

Au niveau européen, le rapport conclut –comme l’an dernier (voir JDLE)- que les citoyens consomment également beaucoup plus de poissons que les mers et les océans ne peuvent en fournir. La dépendance aux importations devient donc de plus en plus forte. Avant la France, 12 pays de l’UE ont déjà atteint cette année leur jour de dépendance. Il s’agit notamment des pays sans ouverture maritime, comme l’Autriche, la Slovaquie ou la Slovénie, et plus curieusement de l’Espagne, du Portugal, de l’Italie ou de l’Allemagne.

En moyenne, l’Europe fêtera quant à elle sa «dépendance» le 6 juillet, 4 jours plus tard que l’an dernier. Selon le rapport, il est toutefois trop tôt pour en déduire un renversement de tendance.

Actuellement, le modèle européen est insoutenable. Il est basé sur la baisse des captures (-25% en Europe depuis 1993) du fait de la surpêche et de la diminution progressive des stocks, sur une consommation en hausse et une dépendance accrue aux ressources halieutiques extra-européennes.

En matière de consommation, le citoyen européen s’avère en effet des plus gourmands: 22 kilogrammes par an et par personne, contre 17 kg au niveau mondial en 2007. Le Portugal détient le record de consommation (61,6 kg) alors que la Bulgarie est la plus sobre (4,2 kg) des pays européens. La France arrive en 5e position avec 34,2 kg/an/hab.

Autre problème: l’aquaculture, qui absorbe elle-même de grandes quantités de poissons pour nourrir alevins et poissons d’élevage, dans des conditions sanitaires parfois contestées. Cette production représente 1,3 millions de tonnes dans l’UE à 27 en 2009, en provenance surtout de l’Espagne (269.000 t), la France (234.000 t) et le Royaume-Uni (197.000 t)

Les ONG ont calculé qu’en restaurant 43 stocks de poissons (1), l’Europe pourrait repousser ce jour de plus de deux mois (14 septembre).

Le rapport invite donc les autorités à prendre plusieurs mesures pour encourager l’autosuffisance européenne, à l’occasion de la troisième Politique commune de la pêche (PCP), qui sera adoptée en 2013: un objectif précis de restauration des stocks, des données améliorées et plus transparentes sur les quotas de prises, leur application concrète, l’incitation à une pêche plus responsable au-delà des eaux communautaires et la généralisation de pratiques durables, via une consommation plus adaptée aux ressources.

 http://www.journaldelenvironnement.net/article/l-europe-depend-trop-des-poissons-des-autres,23633

(1)Les coûts de la surpêche de 43 stocks européens de l’océan Atlantique ont été évalués à 3,2 milliards d’euros par an

 

 



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