L’aluminium, métal en excès

Le 13 janvier 2020 par Romain Loury
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Les vaccins, une des sources d'aluminium
Les vaccins, une des sources d'aluminium
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La population générale est surexposée à l’aluminium, moins à cause de contaminations alimentaires que de sa présence dans divers cosmétiques, révèle une étude menée par l’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques (BfR) et publiée dans les Archives of Toxicology.

Longtemps considéré comme dénué de risque, l’aluminium peut entraîner, à forte exposition chronique, des troubles neurologiques chez les enfants, ainsi que des lésions aux reins, au foie et aux os. Raison pour laquelle l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) lui a accordé une dose hebdomadaire tolérable (DHT) de 1 mg par kg de poids corporel.

Les dépassements sont la norme

Or ce seuil pourrait être dépassé chez une grande partie de la population, révèle l’étude menée par le BfR, équivalent allemand de notre Anses[i]. Pas tant par sa présence dans les aliments, dont les légumes et les produits sucrés (les plus chargés): selon les experts, la moyenne d’exposition à l’aluminium, pour un adulte allemand, se situerait entre 0,18 et 0,21 mg/kg de poids corporel par semaine, soit entre 18% et 21% de la DHT, avec un maximum de 42% à 44% chez les 5% d’adultes les plus exposés.

La situation semble en revanche plus critique lorsque les experts incluent des produits non alimentaires contenant de l’aluminium, tels que certains dentifrices, produits anti-transpiration, crèmes solaires, rouges à lèvres, vaccins, etc. Selon leur évaluation, la moyenne d’un adulte s’élèverait dès lors entre 0,9 et 2 mg/kg de poids corporel par semaine, soit très au-dessus de la DHT.

Plus forte exposition chez les adolescents

Chez  les enfants, particulièrement sensibles aux effets neurotoxiques, la situation est légèrement différente: l’exposition alimentaire est plus élevée, en particulier chez les jeunes enfants nourris au lait maternisé ou aux «petits pots», mais l’exposition via les cosmétiques est moins fréquente. Les 11-14 ans présentent toutefois la plus forte exposition, avec une moyenne comprise entre 1,4 et 2,9 mg/kg de poids corporel par semaine.

Tout en appelant les industriels à réduire l’usage d’aluminium, le BfR recommande aux consommateurs quelques gestes visant à réduire leur exposition, notamment en variant leur consommation alimentaire et en alternant les marques de cosmétiques. Ils conseillent aussi d’éviter de stocker les aliments, en particulier ceux de nature acide ou salée, dans des contenants en aluminium -dont le «papier alu».



[i] Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail