L’Allemagne, modèle pour la gestion des eaux de pluie

Le 30 novembre 2007 par Agnès Ginestet
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GFU-regenwasser1
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Alors que la France tente d’encourager leur utilisation, son voisin européen multiplie les projets depuis de nombreuses années, ciblant tout autant les particuliers que les quartiers ou les entreprises.

«En Allemagne, il y a 20 ans que nous avons eu des discussions sur les risques sanitaires liés à l'utilisation de l'eau de pluie», a expliqué Hans-Otto Wack, expert dans le domaine de l'eau, lors d'une journée organisée le 13 novembre par l'Office international de l'eau (Oieau). Les premières subventions accordées par les communes aux installations de réutilisation des eaux de pluie datent de 1986. Une association des professionnels du secteur a été créée dès 1996. Avec son crédit d'impôt créé en 2007, la France a donc, encore une fois, un wagon de retard, dû en grande partie à la frilosité du ministère de la santé vis-à-vis des usages internes aux habitations (1).

Selon Hans-Otto Wack, de nombreuses communes allemandes «prescrivent des installations de récupération et de rétention de l'eau pluviale dans des quartiers nouveaux», et «des pays comme la Belgique, le Danemark et les Pays-Bas reprennent les standards allemands». Une norme industrielle appelée «Din» impose les prescriptions techniques pour la sécurité des installations.

En 2001, le ministère allemand chargé de l'environnement estimait à 30.000 le nombre de nouveaux projets d'installations de récupération d'eaux de pluies chaque année, et en 2006, l'Organisation des Nations unies (Onu) indiquait qu'on en trouvait plus de 500.000 à travers le pays. Différents usages s'y sont développés: toilettes, arrosage, alimentation de machines à laver… A Berlin, la Potsdamer Platz est un exemple d'intégration de la gestion des eaux de pluie à l'échelle du quartier: la collecte sur les toitures de 19 immeubles et le stockage dans des cuves permettent d'alimenter les toilettes de certains des bâtiments et d'arroser des espaces verts (2).

En France, on note malgré tout le développement de projets de bâtiments à usage collectif récupérant et utilisant les eaux de pluie, comme le marché couvert de Saint-Denis (Seine Saint-Denis) où ces eaux alimentent les toilettes et servent à nettoyer les voiries. Selon une étude du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), les bâtiments scolaires, les immeubles de bureaux et les espaces culturels étaient les principaux types de bâtiment intégrant de tels dispositifs en 2003 et 2004, l'usage pour les toilettes étant prédominant, suivi de l'arrosage, du nettoyage des sols et voiries, et du nettoyage des véhicules.

Pour Bernard de Gouvello, du CSTB, la prise en compte des eaux de pluie au niveau des sites industriels se développe, et d'autres usages apparaissent, tels que les réserves pour incendie. Les lotissements apparaissent aussi comme une «échelle pertinente dans l'approche globale de gestion de l'eau». Par ailleurs, selon Alain Denis de l'Agence de l'eau Seine-Normandie, il serait intéressant de demander aux supermarchés de faire de la récupération d'eaux de pluie, compte tenu de la superficie de toiture dont ils disposent.



(1) Voir les articles du JDLE «Récupération des eaux de pluie: les députés contre-attaquent» et «Eaux pluviales: le futur flop du crédit d'impôt»

(2) «Récupération et utilisation de l'eau de pluie dans les opérations de construction- Retours d'expériences et recommandations»




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