L'Allemagne mise sur l'environnement pour relancer l'Union

Le 04 janvier 2007 par Bérangère Lepetit
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Six mois pour agir, un grand nombre de propositions et deux priorités en matière d'environnement: la définition d'une politique énergétique commune et la lutte contre le réchauffement climatique. L'Allemagne a du pain sur la planche.

«Ensemble, nous réussirons l'Europe»: c'est le titre du programme de l'Allemagne (1), qui a pris, le 1er janvier 2007, la tête du Conseil de l'Union européenne (UE) pour 6 mois. En ces temps de crise constitutionnelle et d'euroscepticisme forcené, le message se veut résolument optimiste. Et «pour rapprocher l'Europe des citoyens», la chancelière allemande Angela Merkel compte entre autres sur le thème fédérateur de l'environnement.

Alors que l'Allemagne prend parallèlement pour un an la présidence du G8, la lutte contre le réchauffement climatique arrive en tête de ses priorités. Objectif: donner à l'UE un leadership mondial en la matière. En se fixant comme perspective la hausse maximale de la température mondiale de 2% après 2012, date de l'expiration du protocole de Kyoto, Berlin entend donc obliger les Etats membres à adopter des mesures strictes dans les 6 prochains mois et à convenir d'une position conjointe de l'UE sur la lutte contre les changements climatiques après Kyoto. On évoque déjà la possibilité d'une réduction de 30% des émissions de gaz carboniques d'ici 2020. Actuel plus gros producteur de gaz à effet de serre des 27, l'Allemagne affirme vouloir réduire ses émissions de 40%.

Autre thème phare de la présidence allemande: la question «stratégique» de l'énergie et de l'approvisionnement énergétique de l'Europe. En attendant le Conseil européen consacré à l'élaboration d'une politique énergétique commune qui se tiendra les 8 et 9 mars, Berlin envisage à la fois de renforcer l'autosuffisance des 27, notamment par les énergies renouvelables, et de sécuriser l'approvisionnement auprès de quelques fournisseurs comme la Russie. «Les réserves de pétrole et de gaz seront dans l'avenir concentrées dans un petit nombre de pays. L'Europe doit réduire sa dépendance pour assurer son approvisionnement en énergie à long terme», a rappelé récemment la chancelière.

Les Etats européens ne manqueront pas de discuter de la récente intervention au Parlement européen du commissaire à l'environnement, Stavros Dinas. En décembre dernier, celui-ci avait présenté un projet prévoyant de taxer à partir de 2011 les opérateurs aériens placés sous le régime de l'exploitation commerciale pour leurs émissions de CO2.

Après la directive sur la protection des eaux souterraines, défendue par la récente présidence finlandaise, l'Allemagne veut s'attaquer aux eaux de surface en poursuivant la consultation sur le projet de directive et, dans la lignée de Reach, compte «s'investir en faveur d'une gestion plus sûre et plus efficace des produits chimiques à l'échelon européen et mondial.»

Quant à la question des déchets, la présidence prétend faire aboutir la proposition de directive cadre sur la gestion des déchets d'ici juillet, avant même que la première lecture au Parlement européen, prévue en février, ne donne le ton du débat.

Déjà soutenu par la Finlande, le thème de la conservation de la diversité biologique semble également avoir séduit outre-Rhin. Sont ainsi prévus «des efforts au niveau de la protection des forêts tropicales, la sylviculture durable, la modification de certaines pratiques de pêche, la création d'un réseau mondial de sites protégés, et le financement de la protection de la nature à l'échelle mondiale.» La 9e conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique se tiendra d'ailleurs à Bonn en 2008.

Pour avancer sur tous ces dossiers, l'Allemagne dispose de trois dates: les deux Conseils environnement du semestre, le 20 février, puis les 28 et 29 juin, et la réunion informelle des ministres de l'environnement, du 1er au 3 juin.

Reste à espérer que ce programme ambitieux ne restera pas sur le papier. D'autant que le sujet principal sur lequel est attendu l'Allemagne après le «non» des Français et des Néerlandais au référendum sur le projet de constitution européenne est bien la réforme des institutions dans une Europe à 27 en crise d'identité.




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